Abus sexuels : La capitaine des Etats-Unis demande le bannissement des dirigeants passifs face aux affaires

FOOTBALL Becky Sauerbrunn, capitaine de l’équipe féminine des Etats-Unis, n’a pas mâché ses mots face aux affaires d’abus et d’agressions sexuels

N.S. avec AFP
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Becky Sauerbrunn, défenseuse et capitaine des Etats-Unis, s'est exprimé très clairement sur le sujet des violences sexuelles dans le football féminin américain.
Becky Sauerbrunn, défenseuse et capitaine des Etats-Unis, s'est exprimé très clairement sur le sujet des violences sexuelles dans le football féminin américain. — Matt Slocum / AP / Sipa

Même s’ils n’ont pas participé aux faits, les dirigeants du football féminin qui se sont tus dans des affaires d’agressions et d’abus sexuels doivent partir. C’est la position défendue mardi par la capitaine de l’équipe des Etats-Unis, Becky Sauerbrunn, lors d’une visioconférence depuis Londres, où la sélection américaine doit affronter l’Angleterre vendredi en amical.

Les joueuses sont « horrifiées et avaient le cœur brisé », a affirmé la double championne du monde, âgée de 37 ans, au lendemain de la publication des conclusions de l’enquête indépendante menée par l’ancienne procureure générale des États-Unis, Sally Yates.



Ce rapport de 172 pages comprend des entretiens avec plus de 200 joueuses de la Ligue nord-américaine (NWSL) et décrit en détail les abus commis par plusieurs entraîneurs, la manipulation, les brimades et les représailles exercées à l’encontre de joueuses. Des faits qui incluent « des commentaires à connotation sexuelle, des avances, des attouchements non désirés et des rapports sexuels forcés » au sein du championnat professionnel et même au-delà, dans des structures dédiées aux jeunes.

« Chaque propriétaire, dirigeant, responsable du football féminin américain, qui a manqué à ses obligations envers les joueuses, qui ne les pas protégées, qui s’est caché derrière des considérations juridiques et n’a pas participé pleinement à ces enquêtes devrait être renvoyé », a estimé Sauerbrunn.

Deux propriétaires de club se sont déjà mis en retrait

Merritt Paulson, propriétaire du club de Sauerbrunn, les Portland Thorns, est accusé dans le rapport Yates, avec d’autres responsables du club, d’avoir fermé les yeux sur des abus commis par Paul Riley l’ancien entraîneur de l’équipe. Paulson, qui est également le propriétaire des Portland Timbers, franchise de la ligue masculine (MLS), a annoncé, mardi, qu’il se retirait de la direction des Thorns jusqu’à la conclusion d’une enquête distincte menée par la NWSL, conjointement avec le syndicat des joueuses. Il a été rejoint par un autre propriétaire de club, celui des Chicago Red Stars, Arnim Whisler, qui a aussi annoncé sa mise en retrait.

Durant la vidéoconférence, Sauerbrunn a insisté sur la « frustration » de ses coéquipières et d’elle-même. « Nous sommes épuisés et nous sommes vraiment, vraiment en colère. Parce qu’il a fallu l’enquête d’une tierce partie, parce qu’il a fallu des articles dans The Athletic et le Washington Post [qui ont révélé l’affaire], parce qu’il a fallu que plus de 200 personnes partagent leur traumatisme », a-t-elle regretté.

Le sélectionneur Vlatko Andonovski a pour sa part indiqué vouloir laisser le choix aux joueuses « de ne pas jouer » de vendredi, si elles ne s’en sentent pas capables mentalement. « Certaines ont besoin de temps pour réfléchir à tout cela. C’est pourquoi, nous leur permettons de faire ce dont elles ont besoin, pour surmonter cette période difficile. »