Tour de France 2022 : Nairo Quintana conteste sa disqualification devant le TAS

cyclisme Le Colombien de l’équipe Arkéa-Samsic a été sanctionné par l’UCI pour avoir utilisé du tramadol pendant la Grande Boucle

N.C. avec AFP
— 
Nairo Quintana à l'arrivée de la 12e étape du Tour de France 2022.
Nairo Quintana à l'arrivée de la 12e étape du Tour de France 2022. — John Pierce Owner PhotoSport Int

Le Colombien Nairo Quintana a saisi le Tribunal arbitral du sport pour contester sa disqualification du dernier Tour de France, dont il s’était classé sixième, en raison de l’usage d’un antidouleur interdit par le règlement médical, a annoncé jeudi la juridiction. « Pour l’heure, il n’est pas possible d’indiquer quand la décision finale sera rendue », précise le TAS, dont le panel d’arbitres doit encore être désigné avant de fixer une date d’audience.

L’Union cycliste internationale (UCI) avait sanctionné le grimpeur de 32 ans le 17 août, lui infligeant également 5.000 francs suisses d’amende, « pour une infraction à l’interdiction d’usage du tramadol en compétition ». Deux échantillons de sang séché fournis par le coureur lors de la Grande Boucle, analysés les 8 (septième étape) et 13 juillet (onzième étape), avaient révélé la présence de cet anti-douleur au cœur de débats scientifiques et éthiques dans le monde sportif.

Banni par l’UCI mais pas l’AMA

Le tramadol, un opiacé de synthèse, ne figure pas sur la liste des produits interdits par le Code mondial antidopage parce que ses effets sur la performance sont discutés, interdisant donc aux fédérations sportives de le faire figurer dans leur règlement antidopage. Mais l’UCI, constatant l’usage particulièrement répandu de ce produit dans le cyclisme - parmi les échantillons urinaires positifs au tramadol prélevés dans le cadre de 35 sports olympiques, 68 % concernaient en 2017 cette discipline –, l’a banni début 2019 via son règlement médical.

L’instance mondiale du cyclisme invoquait deux risques, la « dépendance progressive » et surtout la somnolence et perte d’attention, « qui majorent le risque de chute en course » dans des pelotons déjà nerveux. Le lendemain de sa disqualification, le Colombien avait annoncé qu’il ne participerait pas au Tour d’Espagne, expliquant ne pas avoir « la tête ni le corps à la compétition ».