Bertrand François: «C'était comme dans le film A mort l'arbitre»

INTERVIEW L'entraîneur de l'équipe féminine de handball de Metz revient sur l'agression dont il a été victime en plein victime en plein match, dimanche contre un club monténégrin...

Propos recueillis par Romain Scotto

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Bertrand François, le coach des filles du club de handball de Metz.
Bertrand François, le coach des filles du club de handball de Metz. — M.Dell'Aiera/Metz Handball

A 40 secondes de la fin du match, l'entraîneur de Metz n'a pas vraiment compris ce qu'il lui arrivait, dimanche soir. Descendu des tribunes, un hooligan de Podgorica, le club monténégrin que les championnes de France affrontaient en demi-finale de la Coupe des Coupes, s'est jeté sur lui pour le frapper à la tête. Un incident traumatisant qui, selon lui, était prévisible dans une salle surchauffée par un kop de perturbateurs nazis. Dans une telle ambiance, ses joueuses pouvaient difficilement éviter la défaite (28-21). Mais il entend être réhabilité sur tapis vert...

Que s'est-il passé exactement à la fin du match lorsque ce supporter vous a sauté dessus?
Je ne me souviens plus du tout de ce qu'il s'est passé. On a revu la vidéo et les images avaient complètement disparu de ma tête. Je ne me souviens que d'une agression par derrière. Quand je me suis retourné, le supporter était ceinturé par le service d'ordre. Il m'a bousculé par derrière, je me suis mis face à lui, j'ai hurlé pour dire qu'il était là. Il m'attrape par le bras et il me colle un coup de poing derrière la tête. Sur un plan de santé, il n'y a aucun souci. Ça va...

Quelle était l'ambiance dans la salle. Vous pouviez imaginer un incident de la sorte?
L'ambiance était relativement délétère. C'est de l'intimidation. J'ai l'habitude de venir dans ce pays mais les joueuses étaient étonnées. Il y avait un service d'ordre de 35 personnes sans compter la police qui était là en tenue camouflage, avec des pistolets sur le côté. On aurait dit des parachutistes. Moi je pensais que c'était de la mise en scène pour intimider tout le monde. Ça a marché sur certaines joueuses qui ont perdu leurs moyens. Dans cette salle, il y a 4.000 personnes gentilles et un petit kop de 300 excités derrière le but qui font la même chose que les mauvais supporters du football. A savoir des saluts nazis et des choses comme ça. C'est quasiment comme dans le film «A mort l'arbitre» avec Eddy Mitch. La foule pousse, pousse et à un moment, il y a un mec qui dérape. A aucun moment je n'ai été provocateur vis-à-vis du public. Il s'est énervé, il s'est énervé et la soupape à sauté...

Quel recours envisagez-vous de déposer?
Le président a engagé des procédures vis-à-vis de la fédération européenne. Ce qui est certain c'est un cas prévu dans les règlements. Il y a deux violations. Agression d'un officiel, et violation de l'aire de jeu par un spectateur. Mon président demande à ce que l'équipe ait match perdu et soit suspendue. La question c'est de savoir s'ils vont les suspendre tout de suite ou la saison prochaine. Sinon, on est allé à la police. On est passé devant le juge avec le gars. Il a été emprisonné toute la nuit.

Après l'incident Gunnar Prokop, ce n'est pas la meilleure façon de parler du hand féminin...

Evidemment, on le regrette. D'autant plus que dans les deux cas on est victimes. Là on a été déstabilisés. L'équipe s'est arrêtée de jouer. Sur la dernière action, tout le monde est pétrifié. Notre gardienne arrête le tir et a un temps de latence pour relancer.