Sandrine Bailly: «J'aurai la niaque pour monter sur le podium»

INTERVIEW Pour la meilleure biathlète française, les Jeux de Vancouver ont déjà commencé...

Propos recueillis par Romain Scotto

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La biathlète française Sandrine Bailly, le 14 février 2009 lors des championnats du monde de Pyeongchang, en Corée du Sud.
La biathlète française Sandrine Bailly, le 14 février 2009 lors des championnats du monde de Pyeongchang, en Corée du Sud. — J.Kyun/SIPA

En panne de résultat l’hiver dernier, Sandrine Bailly sait comment rebondir en cette année olympique. Requinquée par sa préparation estivale, la leader de l’équipe de France rechausse ses skis mercredi à Ostersund (en Suède), pour le lancement de la Coupe du monde. Même si l’échéance de Vancouver lui trotte déjà dans la tête.
 
Votre saison de coupe du monde débute mercredi. Mais êtes-vous déjà focalisée sur les Jeux?
J’y pense. Même lors d’une année olympique, il n’y a que les Jeux qui importent. Tout ce qui compte, ce sont ces quinze jours de février, sachant que notre saison dure quatre mois. Mais avant, il faut quand même préparer le programme, savoir quelle impasse je vais faire pour être bien aux Jeux. Il être capable d’envisager des programmes différents au fil de la saison.
 
Avez-vous changé quelque chose dans votre préparation par rapport aux années précédentes?
La saison dernière, tout n'a pas fonctionné comme je le souhaitais. Je n'ai pas fait une très bonne saison. J’en ai tiré des leçons, pour ne pas refaire les mêmes erreurs. J'avais repris l'entraînement trop tôt, je ne me suis pas assez écoutée. Cette année, j'ai fait plus attention à bien récupérer, mais je n'ai rien changé dans mon entraînement. Je sais que ce qui s'est passé l'hiver dernier ne se reproduira pas.»

Dans cette équipe de France, vous êtes maintenant la plus expérimentée. Comment gérez-vous ce rôle de grande sœur?
J’aime bien ce rôle. C’est intéressant car les filles sont jeunes. Pour la plupart, ce seront leur premiers Jeux. Elles se feront aussi leur expérience. On a beau donner des conseils…. C’est un peu difficile de toujours donner des leçons. Moi, je ne me fais pas de souci pour elles.

Après une année en demi-teinte, que peut-on attendre de cette équipe féminine cette saison?
On a le potentiel pour créer quelques surprises. A chaque grand rendez-vous, on le montre. Cette année, il y a pas mal de jeunes. Il y a un gros potentiel. Moi, je ne suis pas particulièrement revancharde par rapport à Turin. Mais ce qui est sûr, c’est que j’aurai la niaque pour monter sur le podium.
 
Vous pensez qu’en cette année olympique, le public français s’intéressera un peu plus au biathlon?
Non, je ne crois pas. Le biathlon n'est pas médiatique ici alors qu'à l'étranger... On est beaucoup plus sollicité en Allemagne par exemple. Malgré nos résultats, la situation est toujours la même, ici. Même après les derniers Jeux, ça marchait moyen. Je me demande toujours pourquoi. Il suffit de regarder une course à la télé pour voir que c’est un sport très spectaculaire.