Affaire Semenya: La fédération sud-africaine lui avait déjà fait subir un test

ATHLETISME Avant les Mondiaux de Berlin et son sacre sur 800m...

R.S.

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L'athlète sud-africaine Caster Semenya à l'aéroport de Johannesbourg le 25 août 2009.
L'athlète sud-africaine Caster Semenya à l'aéroport de Johannesbourg le 25 août 2009. — S.Sibek/REUTERS

Hermaphrodite ou pas, Caster Semenya est soutenue par tout un pays depuis son retour des Mondiaux de Berlin, où elle s’est emparée du titre sur 800m. Le gouvernement sud-africain vient de porter l’affaire devant les Nations Unies en demandant l’ouverture d’une enquête sur le «flagrant mépris» dont a été victime la championne du monde.

«Il y a eu un flagrant mépris pour la dignité de mademoiselle Semenya, indique la ministre des femmes en Afrique du Sud dans une lettre adressée à l’ONU. La remise en cause de son identité sexuelle est basée sur des stéréotypes physiques attribués aux femmes».

Légalement une femme

La ministre a souligné que la jeune athlète, suspectée d'être hermaphrodite avec sa voix grave et son corps puissant, était légalement une femme en Afrique du Sud et que la façon dont elle était traitée portait atteinte aux protocoles internationaux sur les femmes et le sport dans le monde. «Je vous demande donc d'enquêter sur cette affaire qui a de fortes conséquences sur la participation des femmes dans le sport à un niveau mondial».

Samedi, les dirigeants de l'athlétisme sud-africain ont quant à eux admis être intrigués par le cas de Caster Semenya depuis le début du mois d’août. L’athlète avait subi des tests avant les championnats du monde de Berlin, dont les résultats ne sont pas encore connus. «Les tests ont été effectués le 7 août sur la recommandation du médecin de la fédération», confie le président de la fédération sud-africaine, Leonard Chuene. Dans un premier temps, il avait assuré qu'aucun test n'avait été pratiqué sur Semenya.