Benjamin Mendy accusé de viol : « Je voulais juste que ma vie s’arrête » explique une plaignante au procès

JUSTICE Le procès du Français se poursuit avec le contre-interrogatoire de la plaignante qui l’accuse de viol au domicile du footballeur en octobre 2020

Julien Laloye
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Benjamin Mendy comparaît devant le tribunal depuis le 25 juillet.
Benjamin Mendy comparaît devant le tribunal depuis le 25 juillet. — Paul ELLIS / AFP

Troisième journée du procès Benjamin Mendy vendredi, une journée consacrée au contre-interrogatoire de la plaignante auditionnée la veille, qui avait dénoncé une tentative répétée de viol au domicile du footballeur dans un témoignage difficilement soutenable. C’est Eleanor Laws, l’une des avocates de l’ancien joueur de Manchester City qui a essayé de déstabiliser la jeune femme présente à l’audience, sans y parvenir.

« Si quelqu’un m’écoutait, alors je pourrais essayer d’aller de l’avant »

La défenseure de Benjamin Mendy a notamment interrogé à plusieurs reprises la plaignante sur certains détails de sa version. Pourquoi, par exemple, des amies à elle, qui avaient demandé à parler à Louis Saha Matturie, un proche du joueur aussi accusé de viols, pour dire qu’elles n’étaient « pas contentes » après l’agression supposée, ne sont plus revenues à la charge ? « Est-ce parce que vous aviez commencé à dire un mensonge et exagéré auprès de vos amies concernant ce qu’il s’était passé avec Mendy ? », « Absolument pas », répondait du tac au tac la plaignante.

La défense a ensuite demandé pourquoi la jeune femme avait attendu plusieurs semaines avant de formellement déposer plainte : « Entre cette soirée et début novembre, vous vous êtes persuadée que vous avez vraiment été victime de tout ça. » Réponse là aussi ferme de l’accusatrice de Mendy : « Je n’avais pas besoin de me persuader. J’étais absolument certaine de ce qu’il s’était passé. Je n’ai consenti à aucun moment. » Invitée à détailler les raisons qui l’ont poussée à aller voir la police, la plaignante a expliqué s’être sentie « si mal » après l’agression qu’elle « voulait juste que sa vie s’arrête ».

« Je ne voulais juste plus être là. C’est une pensée effrayante pour moi parce que je sais que j’ai des amies proches et un bon job, mais je ne pouvais plus continuer pour être honnête. Je me suis dit que si j’y allais, j’allais tout simplement être entendue. Parce que je n’avais pas été entendue sur cette nuit-là. Je me suis dit que si quelqu’un m’écoutait, si j’arrivais à faire sortir ça de moi, alors je pourrais essayer d’aller de l’avant. Je ne voulais plus vivre ma vie. Je ne voulais plus être là, si on peut dire. » Le procès reprendra lundi, avec normalement une troisième plaignante présente à l’audience.