Girondins de Bordeaux : Le club peut-il encore sauver sa peau ?

FOOTBALL La direction se veut combative et croit encore en ses chances de maintenir le club en Ligue 2 grâce à un avis favorable du CNOSF

Clément Carpentier
Gérard Lopez entouré de son avocat à gauche et du directeur général à droite.
Gérard Lopez entouré de son avocat à gauche et du directeur général à droite. — Clément Carpentier / 20 Minutes
  • Gérard Lopez, le propriétaire et président des Girondins, a pris la parole après la confirmation de la rétrogradation administrative du club en National 1. Il y croit toujours.
  • Les Marine et Blanc ont enfin reçu les explications de la DNCG. Elle pointe des manquements autant sur le fond que sur la forme.
  • Pour convaincre désormais le CNOSF, le club va devoir encore réduire sa dette et surtout garantir en cash les 14 millions d’euros de ventes de joueurs cet été.

Tant qu’il y a de la vie (et des recours), il y a de l’espoir ! Voilà à quoi s’accrochent aujourd’hui les Girondins de Bordeaux et leurs supporteurs trois jours après la décision de la commission d’appel de la DNCG de confirmer la rétrogradation administrative du club en National 1, quelques semaines après sa relégation sportive en Ligue 2. Il n’est encore pas l’heure de rendre les armes pour Gérard Lopez et ses équipes. Ce jeudi, le propriétaire et président du club a pris longuement la parole avec son directeur général, Thomas Jacquemier et son avocat Maître Cotret.


Il a de nouveau fait part de son incompréhension devant la décision du gendarme financier au regard des documents fournis. Il n’avait alors toujours pas reçu les motivations de l’instance : « Cela fait 48h qu’on attend, ça met le club dans une situation très compliquée car on ne peut toujours pas saisir le CNOSF. Là, on vit une sorte de double peine. » Un épisode de plus qui alimente bien sûr la rumeur qui court en Gironde comme quoi certains chercheraient à lui mettre le maximum de bâtons dans les roues pour avoir sa peau. Lui ne veut pas y croire : « Si c’est ça, ce serait très grave. Mais je ne le pense pas ou en tout cas je ne l’espère pas car ce serait vraiment très grave. »

Un nouvelle abandon d'une partie de la dette par Fortress et King Street ? 

D’ailleurs, cette notification de la DNCG a fini par arriver en fin de journée, mieux vaut tard que jamais surtout quand les délais sont désormais très courts avec une reprise de la Ligue 2, le 30 juillet. Selon les informations de 20 Minutes, l’instance reproche encore trois choses aux Girondins : sa dette financière (26.5 millions d’euros) malgré sa réduction de moitié, le manque de justificatifs justement sur le transfert de propriété de l’autre moitié à l’une des sociétés de Gérard Lopez et enfin, le non-apport en cash de 14 millions d’euros qui doit permettre de couvrir les ventes de joueurs de cet été si celles-ci ne se réalisent pas. Il y a donc pas mal de travail avant le passage devant le CNOSF sûrement en début de semaine prochaine.

Dès ce jeudi, Gérard Lopez et son entourage ont remis un coup de collier. Le temps presse. L’heure n’est plus vraiment aux négociations avec les créanciers du club, les fonds d’investissement américains, Fortress et King Street. Soit ils lâchent les Marine et Blanc et devront s’asseoir sur 52 millions d’euros de dettes non remboursés avec le dépôt de bilan et la liquidation judiciaire, soit ils font un nouveau geste sur la dette comme il y a un an. « Les discussions vont dans le bon sens », glisse simplement un proche du dossier. Si effort il y a, reste à savoir s’il sera suffisant pour les instances du football français.

Lopez va-t-il couvrir les 14 millions d'euros en cash ? 

Sur le second point, les choses semblent réglées. Les Girondins ont enfin obtenu l’acte juridique de transfert de propriété de la moitié la dette avec délégation parfaite et ne s’appuient plus seulement sur le « term sheet » (l’accord signé entre Gérard Lopez et ses créanciers) jugé insuffisant pour la DNCG. De son côté, Bordeaux Métropole a voté pratiquement à l’unanimité une délibération pour étaler jusqu’à « fin 2026 » de la dette due et des loyers redevables pour l’occupation du stade Matmut Atlantique pour cette saison et la prochaine. Elle aurait aussi abandonné une partie de la dette (2.5 millions d’euros sur 5) que le club avait accumulée avant son rachat la saison dernière.

Gérard Lopez à la sortie de son audition devant la DNCG.
Gérard Lopez à la sortie de son audition devant la DNCG. - JULIEN DE ROSA / AFP

Enfin, il y a ces 14 millions d’euros à garantir en cash, c’est-à-dire en les bloquant sur un compte séquestre pour convaincre le CNOSF de donner un avis favorable au dossier dans un premier temps et d’obtenir ensuite le feu vert du Comex de la FFF. Jusqu’à maintenant, l’ouverture d’une nouvelle ligne de crédit obligataire à première demande de Fortress pour couvrir les ventes de joueurs de cet été n’a pas convaincu les membres de la DNCG. Elle veut éviter à tout prix la création de nouvelles dettes à moyen terme. Sur ce point, les fonds d’investissement ont d’ores et déjà fait savoir à Gérard Lopez qu’ils ne remettront pas au pot du cash selon nos informations. Tout repose donc à ce jour sur l’homme d’affaires Hispano-Luxembourgeois. Lui qui va déjà mettre 10 millions d’euros de sa poche pour aider le club à boucher le trou de 40 millions d’euros dans les caisses peut-il (temporairement) en remettre 14 sur la table ? En a-t-il les moyens tout simplement ? « On y travaille », avance son entourage.