Girondins de Bordeaux : La rétrogradation administrative en National confirmée en appel

FOOTBALL La commission d’appel DNCG de la FFF a confirmé la rétrogradation du club en National

Clément Carpentier
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Gérard Lopez, le président des Girondins de Bordeaux.
Gérard Lopez, le président des Girondins de Bordeaux. — Philippe LOPEZ / AFP

C’est un énorme séisme dans le football français ! La commission d’appel DNCG (Direction nationale du contrôle de gestion) de la FFF a confirmé ce mercredi la rétrogradation administrative des Girondins de Bordeaux en National 1 en raison de ses très grosses difficultés financières. Gérard Lopez, le propriétaire et président du club, n’a pas réussi à convaincre l’instance malgré un accord de conciliation obtenu en fin de semaine dernière avec ses créanciers, les fonds d’investissement américains, Fortress et King Street. Cet accord devait permettre aux Marine et Blanc de boucher un trou de 40 millions d’euros dans les caisses après la descente sportive en mai dernier.

La direction du club a été reçue pendant près de deux heures à Paris. Elle était accompagnée de l’un des avocats de Fortress afin de pouvoir répondre à toutes les questions de la DNCG. Lors de cette audience, le club a également présenté une ordonnance du Tribunal de Commerce de Bordeaux affirmant qu’il n’y avait pas de risque de cessation de paiements et surtout que l’accord de conciliation permettait la pérennité du club en Ligue 2. Cette ordonnance n’a donc pas convaincu les membres de l’instance. « C’était horrible. Franchement, c’est une honte. C’est dégueulasse », lâche un proche de l’homme d’affaires Hispano-Luxembourgeois.

La mairie et la Métropole en appellent à la Ministre des Sports

En début de soirée, le directeur général des Girondins de Bordeaux Thomas Jacquemier a dénoncé une « décision incompréhensible et inacceptable » ! « Elle menace clairement de disparition l’un des plus grands clubs français et près de 300 emplois », a-t-il ajouté. De son côté, Gérard Lopez a affirmé qu’il « se battrait jusqu’au bout » pour sauver le club et que celui-ci allait « exercer un recours contre cette décision inique. »


La mairie de Bordeaux a fait part de sa « tristesse et son amertume » face à cette sentence. « Cette annonce est un véritable choc et une catastrophe pour les équipes professionnelles, masculine et féminine, le centre de formation et surtout l’ensemble des salariés, pour l’édile Pierre Hurmic. Il n’est pas concevable de s’en tenir à cette décision au regard des conséquences dramatiques pour le club et le territoire. » Il rappelle au passage que le tribunal de commerce de Bordeaux avait validé le plan d’affaires de Gérard Lopez. Enfin, le président de Bordeaux Métropole, Alain Anziani et le maire de Bordeaux en appellent à la ministre des Sports, Amélie Oudéa-Castéra, « pour que le CNOSF puisse se prononcer dans un délai compatible avec la reprise de la saison de la Ligue 2, sur la portée des garanties apportées par les Girondins de Bordeaux auprès de la DNCG. »


Le club réfléchit à un appel

En effet, la direction devrait rapidement faire appel de cette décision auprès du CNOSF (Comité national olympique et sportif français), dernier recours des instances sportives. Elle pourrait aussi saisir le juge des référés du Tribunal Administratif pour tenter de faire suspendre la décision. Si c’était le cas, les Girondins de Bordeaux pourraient débuter la saison en Ligue 2, selon les textes de la FFF. Mais il y a très peu d’espoirs obtenir une issue positive grâce à ces deux recours.

En cas de nouveaux échecs lors de ces appels, le club n’échappera à un dépôt de bilan et une liquidation judiciaire. Il repartirait alors cette saison au niveau amateur, en National 3, la cinquième division française où évolue la réserve des Marine et Blanc.