La patinoire Philippe Candeloro ferme, un collectif soutenu par l’ancien athlète monte au créneau

PATINCEPTION La condamnation de la piste de glace qui a vu l’essor de Philippe Candeloro provoque l’incompréhension des usagers, parmi lesquels le vice-champion du monde.

Marin Daniel-Thézard
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Illustration - jeune fille en patins à glace
Illustration - jeune fille en patins à glace — KENA BETANCUR
  • La mairie de Colombes a décidé de fermer la patinoire Olympique Philippe Candeloro, pour des raisons économiques et écologiques.
  • Un collectif "Laissez-nous patiner à Colombes" s’est formé pour lutter contre cette fermeture. Philippe Candeloro lui-même s’est joint au mouvement.
  • La mairie et le collectif ne semblent pas partager le même avis sur l’importance du lieu à Colombes.

30.000 euros de chauffage par mois, 540.000 euros de déficit structurel par an, et un coût minimum de 2.5 millions d’euros d’investissement urgent. Voilà les accusations portées par la mairie à l’encontre de la patinoire Olympique Philippe Candeloro. Un gouffre financier, en somme, que les élus municipaux ont pris la décision de combler ce 26 juin. Une décision largement contestée par les usagers, tant par sa soudaineté que par son manque de perspective.

« Les signaux n’ont pas été bons »

Les contestataires se sont réunis sous la bannière d’un collectif « Laissez-nous patiner à Colombes ». Ils reprochent à la mairie de fournir des chiffres qui manquent de cohérence. Le coût énergétique élevé serait par exemple faussé, car « le chauffage de la patinoire était couplé à celui de la piscine Olympique ». La fermeture pour travaux de cette dernière provoquerait une surconsommation de la patinoire.

Une autre critique faite aux élus est le manque de communication. Pas moins de deux mois avant la fermeture, lors de la fête de club de la patinoire, le maire donnait rendez-vous à chacun, « l’année prochaine ». Quelques semaines plus tard, « sans préavis ni discussion avec les clubs », affirme le collectif, la condamnation de la patinoire est annoncée. « Les signaux n’ont pas été bons », déclare-t-il. « On est prêt à accepter les choses si on les travaille en commun », poursuit le collectif, « mais là, c’est une décision unilatérale de la mairie, qui ne prend pas en compte des solutions qui existent. »

Philippe Candeloro, soutien du collectif

Ces solutions sont évoquées par Philippe Candeloro lui-même. « Pendant huit mois, j’ai travaillé pacifiquement avec la municipalité pour rencontrer des personnes privées capables de mettre sur pied un multiplexe », certifie-t-il. « Une société qui s’appelle Synerglace a d’ailleurs proposé de reprendre la gestion de la patinoire sur les 24 prochains mois », confie le vice champion du monde, en glissant qu’avec une bonne gestion, une patinoire « peut être rentable. » Mais, « le maire a refait un audit sur l’AOT (Autorisation d’Occupation Temporaire), et a dit que ça le mettait en danger pénalement », déplore-t-il.

Cette patinoire qui l’a vu faire ses premiers pas sur de la glace, qui accueille selon lui 2.500 Colombiens par mois, serait donc condamnée. Philippe Candeloro regrette un certain « entêtement » de la mairie, lui qui voit « d’intérêt commun » la survie de la patinoire. « Si nos patinoires ferment, les sports d’hiver, c’est fini en France. La patinoire permet de faire découvrir au moins cinq disciplines olympiques », explique-t-il, avant de souligner l’importance de la patinoire dans la renommée de la ville.

« Le collectif donne des informations parcellaires aux familles »

Monsieur Chaimovitch a tenu à rappeler les raisons qui l’ont poussé à prendre cette décision. « La patinoire, c’est un demi-million de pertes par an, une passoire thermique amiantée, et une consommation énergétique équivalente à celle de 16 écoles », énumère-t-il. Il questionne également l’absence de dialogue dont il est accusé par le collectif. « Nous avons reçu de nombreuses fois le club de glace. Nous avons cherché des solutions avec la patinoire d’Anière », soutient-il. « Nous avons cherché, nous n’avons pas encore trouvé, mais dire qu’il n’y a pas eu de dialogue c’est faux. Le collectif donne des informations parcellaires aux familles », déclare le maire de Colombes.

La reprise par une société privée demeure une solution, mais « ça ne se fait pas d’un claquement de doigts », confie Patrick Chaimovitch, et même si un multiplexe voyait le jour, la maire ne peut pas assurer qu’il contiendrait une piste de glace. Il n’est d’ailleurs pas inquiet pour la renommée de la ville face à la perte de ce bâtiment. « S’il n’y a plus de patinoire, Colombes sera reconnue pour ses autres sports », assure-t-il, ajoutant même que « le tournoi des Cinq Nations passait à Colombes auparavant. Son départ n’a pas détruit la ville. »