Roland-Garros 2022 : Holger Rune, l’autre petit prodige qu’on n’avait pas vu venir

TENNIS Le Danois, âgé de 19 ans comme Carlos Alcaraz, a créé la surprise en battant le finaliste de l'an dernier Stefanos Tsitsipas ce lundi en 8e de finale

Nicolas Camus
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Le Danois Holger Rune, 19 ans, a battu Stefanos Tsitsipas en 8e de finale de Roland-Garros, le 30 mai 2022.
Le Danois Holger Rune, 19 ans, a battu Stefanos Tsitsipas en 8e de finale de Roland-Garros, le 30 mai 2022. — Jon Bromley/Action Plus/Shutters/SIPA

A Roland-Garros,

Stefanos Tsitsipas a probablement battu un record ce lundi à Roland : celui de la venue en conf la plus rapide de l’histoire après un match. Son bourreau en 8e de finale, le jeune Holger Rune, était encore sur le court en train de ranger ses raquettes que le Grec était déjà annoncé sur le chemin de la salle de presse. C’est dire la frustration du numéro 4 mondial, finaliste l'an dernier Porte d’Auteuil et qui espérait évidemment autre chose que cette sortie de route prématurée.

Mais Tsitsipas est tombé sur un petit prodige qui déboule comme un avion sur le grand circuit. Holger Rune, donc, 19 ans et une gueule d’ange à laquelle il ne faut vraiment pas se fier. Classé 450e mondial en début d’année dernière, le voilà bientôt dans le top 20 et quart de finaliste en Grand Chelem pour sa troisième participation seulement à un tournoi majeur. Il y aurait donc un autre petit génie qui se cache dans l’ombre de Carlos Alcaraz.


Pendant un peu plus de trois heures sur le court Central, le Danois a rendu fou son adversaire, avec ses grands services et ses revers laser le long de la ligne. Surtout, il a pris le dessus lors de tous les moments importants, malgré un langage corporel qui laissait croire à l’implosion imminente. « Il joue avec beaucoup d’émotions, ça en fait un adversaire tout à fait unique, a observé Tsitsipas après la rencontre. On a l’impression qu’il y a toujours quelque chose qui le dérange quand il joue. C’est bizarre, c’est quelque chose qu’on ne voit pas souvent. Mais tout à coup, il se met à jouer de manière fantastique. »

C’est l’une des caractéristiques du bonhomme, en effet. Mais il se soigne, à en croire sa maman, qui s’est longuement confiée à L'Equipe ce lundi matin. « En tennis, on apprend à la dure, sur le court. Seul », a rappelé Aneke Rune, qui suit le fiston sur tous ses tournois. Ce dernier trimballe une sacrée confiance en lui pour son âge. « Si je joue mon jeu, je crois que je suis capable de battre presque n’importe qui sur le circuit », a-t-il ainsi lâché au moment du débrief.

Le modèle Federer

Le Danois ne se met pas de limites, et quand on vient de sortir Tsitsipas, ce n’est pas la perspective d’affronter Casper Ruud sur la route des demi-finales qui va faire peur. « Le combat va être acharné, mais j’ai toutes mes chances », croit le jeunot, qui avait collé une danse à Zverev chez lui à Munich en avril. De toute façon, il ne se voit rien de moins que numéro 1 mondial depuis qu’il a commencé à taper dans la balle, à 7 ans à peine.

Sa mère raconte cette anecdote qui dit tout de son caractère. Pour son premier tournoi, le petit Holger avait fini deuxième. Un drame qu’il avait très mal vécu. « En arrivant à la maison, il a arraché tous les posters de Nadal dans sa chambre. Nadal était à l’époque numéro 2. Et Holger nous a dit : ''À partir de maintenant, je suis un fan de Roger Federer !'' » Le Suisse aussi avait ses petites sautes d’humeur quand il est arrivé chez les grands. On a vu ce que ça a donné quand il a appris à canaliser son énergie.