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Stade Rennais-ASSE : Comment le discret Martin Terrier s’est transformé en machine à marquer
FOOTBALL•Souvent décrié pour son manque de constance, Martin Terrier s’affirme enfin cette saison au Stade Rennais. Avec 21 buts, il talonne Kylian Mbappé au classement des meilleurs buteurs de Ligue 1Jérôme Gicquel
L'essentiel
- A la lutte pour une place en Ligue des Champions, le Stade Rennais reçoit Saint-Etienne ce samedi soir à 21 heures.
- En pleine bourre, l’attaquant rennais Martin Terrier espère passer devant Kylian Mbappé au classement des buteurs.
- Après des passages mitigés à Strasbourg et Lyon, l’ailier s’est métamorphosé cette saison, prenant enfin conscience de son potentiel.
Les doigts pointés vers le ciel. Le geste de Martin Terrier pour célébrer ses buts commence à devenir une habitude en Ligue 1. Cette saison, l’attaquant explose les compteurs et révèle enfin tout son talent qu’il montrait seulement par intermittence jusqu’à présent. Auteur déjà de 21 buts, l’ancien Lyonnais, débarqué au Stade Rennais à l’été 2020, réalise de loin sa saison la plus prolifique puisque son précédent record n’était que de neuf buts en championnat lors de la saison 2018/2019 sous le maillot de l’OL.
Il talonne désormais Kylian Mbappé (24 pions) au classement des buteurs et peut encore rêver, à quatre journées de la fin, du titre de meilleur artificier de Ligue 1. S’il avoue ne pas être obnubilé par ses stats, Martin Terrier ne serait pas contre un petit trophée en fin de saison. En 2019, il avouait d’ailleurs rêver « de finir meilleur buteur dans un futur assez proche ». « On verra mais cela passe par beaucoup de travail », concédait-il.
« Il a pris conscience de son énorme potentiel »
Trois ans plus tard, Martin Terrier a, comme Robert Pires, musclé son jeu. Il s’est aussi affranchi de son étiquette de joueur prometteur mais trop fragile et inconstant qui le suit depuis le début de sa carrière pour se transformer sous le maillot rennais en véritable tueur devant le but. « Je pense qu’il a pris conscience de l’énorme potentiel qu’il a et c’est pour ça qu’il performe aujourd’hui », soulignait son coach Bruno Genesio après la victoire face à Lorient.
Très adroit devant le but et à l’aise balle au pied, le natif d’Armentières (Nord) a pris aussi une nouvelle dimension sur le terrain où il se montre plus agressif. Un changement d’attitude qui doit beaucoup à son replacement. Souvent cantonné à un rôle d’ailier avec Julien Stéphan, Martin Terrier a été replacé dans l’axe par Bruno Genesio. En vrai électron libre sur le front de l’attaque bretonne aux côtés de son compère Laborde, le buteur s’éclate. « Je pense que mon apport dans le jeu est mieux qu’en début de saison », reconnaît-il.
Comparé à Gava par Genesio
Un pari gagnant pour « Pep » Genesio qui laisse beaucoup de liberté à l’ancien international espoir. « Il part d’une position à gauche, il peut dézoner, venir plus bas. […] C’est un jeu de position, de passes, de mouvements et il excelle dans ce domaine », indique son coach, qui le comparait récemment à l’ancien lyonnais Franck Gava « par sa faculté à marquer des buts, à faire marquer, à se placer entre les lignes, sa qualité technique et son intelligence ». Ancien éducateur de Martin Terrier qui a fait sa formation au LOSC, Mickaël Foor ne peut qu’apprécier la mue de son ancien protégé. « On le sent épanoui au Stade Rennais où il touche un maximum de ballons, indique-t-il. C’est très important pour lui car il a besoin d’être au cœur du jeu ».
Pour briser le plafond de verre, Martin Terrier a également dû se faire violence. Une chose qui n’était pas le fort du garçon. « Il perdait parfois confiance en lui sans que l’on sache trop pourquoi, raconte Mickaël Foor. Il pouvait être exceptionnel sur certains matchs puis disparaître complètement après ». Un bon résumé en somme du début de carrière de l’attaquant qui a laissé un souvenir mitigé à Strasbourg et à Lyon. L’intéressé ne s’en cache d’ailleurs pas. « J’avais parfois tendance à m’effacer un peu », indique-t-il.
Il a freiné sur la manette
Mais à 25 ans, il assure désormais avoir « passé un cap surtout au niveau mental ». « Il n’avait peut-être pas assez faim avant, souligne Mickaël Foor. C’est quelqu’un qui marche à la confiance et le fait d’empiler les buts a servi de déclic ». Très discret, « timide même », selon son ancien partenaire Houssem Aouar interrogé par Libération, Martin Terrier a également forcé sa nature en dehors des terrains. « Il s’est ouvert mais on l’a un peu obligé aussi à s’ouvrir », sourit Baptiste Santamaria.
Gros gamer, l’attaquant a ainsi freiné sur la manette comme il le confiait en début d’année dans un entretien à France Bleu Armorique. « Il m’arrivait avant de jouer un peu tard le soir devant les écrans, ce n’est pas ce qu’il y a de mieux, racontait-il. Maintenant, je préfère faire une petite session dans l’après-midi pour jouer calmement et le soir me reposer et dormir plus tôt ». Une petite vie paisible en somme qui convient bien à ce garçon normal. Mais exceptionnel en ce moment.


















