Mondial 2022 : La presse transalpine abasourdie après la nouvelle élimination de l’Italie

FOOTBALL Déjà absente de la Coupe du monde 2018, l’Italie ne participera pas non plus au Mondial au Qatar, après sa défaite contre la Macédoine du Nord (0-1) jeudi soir à Palerme

N.S. avec AFP
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Marco Verratti et les Italiens n'ont pas su surmonter l'obstacle de la Macédoine du Nord dressé sur la route du Mondial, jeudi soir à Palerme.
Marco Verratti et les Italiens n'ont pas su surmonter l'obstacle de la Macédoine du Nord dressé sur la route du Mondial, jeudi soir à Palerme. — Alberto Pizzoli / AFP

Le sacre à l’Euro n’était donc qu’une anomalie, merveilleuse mais trompeuse. C’est le ton général que l’on perçoit dans la presse transalpine ce vendredi, au lendemain de la piteuse défaite contre la Macédoine du Nord (0-1), qui prive la « Nazionale », déjà absente en Russie en 2018, d’une deuxième Coupe du monde consécutive. « Tout le monde à la maison », titre La Repubblica, le grand quotidien de centre-gauche estimant que la déroute jeudi soir à Palerme signe « l’adieu à une Nazionale perdue pour toujours ».

La Stampa fustige une « prestation désastreuse » des joueurs de Roberto Mancini qui n’ont cadré que cinq tirs sur 32 alors que les Macédoniens ont marqué sur un de leurs quatre tirs du match. Pour le grand journal milanais, l’élimination de l’Italie, quadruple championne du monde (1934, 1938, 1982, 2006) et championne d’Europe en titre, annonce « un changement de génération » et une « refondation ».


Pas de quoi s’étonner, relève La Gazzetta dello Sport : « l’Euro gagné a été une parenthèse heureuse entre des années de déception en sélection et dans les clubs », en berne sportivement et économiquement.

Roberto Mancini devrait rester

« Notre football paye un prix énorme : il manque encore une vision et il n’y a pas de courage, poursuit le quotidien sportif. Faire le procès de Mancini serait une erreur, c’est tout le système Calcio qu’il faut revoir. » En poste depuis 2018, Mancini devrait d’ailleurs rester à son poste. Le sélectionneur a été prolongé jusqu’en 2026 l’an dernier et il paraît protégé par sa victoire à l’Euro.

« L’heure des responsabilités » est venue, tonne pourtant Il Corriere dello Sport. En dépit des absences (l’attaquant Federico Chiesa blessé notamment), son directeur, Ivan Zazzaroni, un proche du sélectionneur italien, ne lui trouve aucune circonstance atténuante : « Mancini a été l’artisan du triomphe européen, Mancini est le premier responsable de cet échec ».

Des « années de chute libre »

« Aucune surprise », rappelle Il Messaggero, « mais la conséquence d’années de chute libre ». « Nous ne gagnons pas en club de compétitions européennes depuis 2010, une disette aussi longue inédite dans l’histoire des coupes européennes ».

« Ces 15 dernières années, la Serie A s’est effondrée. La chute de la Juve après l’affaire Calciopoli [scandale d’arbitrage en 2006] puis les désengagements de Berlusconi et Moratti avec les Milanais ont affaibli les grands clubs historiques et sapé les équilibres, fragilisant l’ensemble du championnat », détaille le quotidien romain.

Dans un communiqué, le patron de la Serie A Lorenzo Casini a appelé de ses vœux « une réflexion sérieuse et un profond changement de système ».