Equipe de France : Mbappé sèche les obligations marketings des Bleus, pourquoi cette attitude ?

FOOTBALL L’attaquant tricolore aurait souhaité marquer son opposition éthique aux valeurs de certains sponsors de l’équipe de France, mettant la FFF dans une position bien embarassante

J.L.
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Didier Deschamps et Kylian Mbappé lors de l'entraînement des Bleus à Clairefontaine, le 22 mars 2022.
Didier Deschamps et Kylian Mbappé lors de l'entraînement des Bleus à Clairefontaine, le 22 mars 2022. — FRANCK FIFE / AFP

Kylian Mbappé est-il en train de faire exploser le cocotier ? Selon les informations concordantes de l’Equipe et RMC, l’international tricolore a refusé mardi matin de participer aux opérations commerciales prévues avec les principaux sponsors de l’équipe de France, Volkswagen, Uber Eats, Orange, Xbox, Coca-Cola et Konami.

Un refus d’ordre éthique ?

Un refus qui germait depuis longtemps, si l'on en croit nos confrères : le clan Mbappé serait en discussions depuis plusieurs mois (années ?) avec la FFF pour revoir la convention qui impose aux joueurs d’abandonner leurs droits d’image au profit de la Fédération, mise en place après le fiasco de la Coupe du monde 2010. L’objet de la discorde serait moins d’ordre financier – le joueur reverse toutes ses primes internationales (environ 20.000 euros par match) à des associations caritatives – que philosophique.

Très engagé auprès de la jeunesse sur les questions du bien manger notamment, Mbappé souhaiterait ne pas avoir à faire de publicité avec des acteurs en contradiction avec ce message. Il serait également très attentif à l’usage des revenus tirés de ces opérations commerciales, qu’il aimerait voir dirigés vers le foot amateur en proportion plus importante. On ne peut pas non plus écarter l’idée moins romantique d’un Mbappé qui ne voudrait pas associer son image à un sponsor auquel il n’a pas voulu s’associer dans sa stratégie personnelle.

Le Graët lui a téléphoné

Evidemment, l’attitude du Parisien n’a pas plu du tout aux sponsors des Bleus concernés, ni à Noël Le Graët, qui aurait tenté d’infléchir la position du joueur au téléphone, sans succès. Le président de la FFF sait à quel point la pente est glissante : plusieurs internationaux pourraient aussi en profiter pour exiger de remettre à plat à la fois la convention qui régit leurs droits d’image en sélection et la nature des partenaires de la Fédération.