Tom Boonen, positif à la cocaïne, est suspendu

DOPAGE Le manageur général de l'équipe Quick Step se dit «profondément déçu»...

Sa. C. avec agence

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Le cycliste belge Tom Boonen, lors du Paris Roubaix, le 12 avril 2009.
Le cycliste belge Tom Boonen, lors du Paris Roubaix, le 12 avril 2009. — P.Rossignol/REUTERS

Bis repetita pour Tom Boonen. Déjà été contrôlé positif à la cocaïne en mai 2008, le cycliste a de nouveau été coincé suite à un prélèvement effectué hors compétition par la Communauté flamande de Belgique le 24 ou 25 avril dernier, soit deux semaines après sa victoire à Paris-Roubaix. Son équipe, Quick Step, n'a pas tardé à annoncer dans un communiqué qu'elle «suspendait son coureur Tom Boonen de toutes compétitions.»

La nouvelle, annoncée samedi matin par la presse belge, a été confirmée peu de temps après par la justice belge. Patrick Lefevere, le manageur général de l'équipe Quick Step pour laquelle court le cycliste, s'est dit «profondément déçu». «Je ne sais vraiment pas que dire. Vous imaginez bien que je ne suis pas en train de danser dans mon salon: je suis profondément déçu», a-t-il expliqué au site Internet de la télévision publique Sporza.

Il y a un an, Quick Step avait maintenu sa confiance en Boonen estimant à l'époque qu'il s'agissait «d'un événement extra-sportif». Le coureur avait même obtenu une prolongation de son contrat pour les trois prochaines saisons mais Lefevere avait espéré que «l'affaire serve de leçon».

Exemple


«C'est une triste affaire. Je regrette surtout le manque du sens de responsabilité d'une figure comme Tom Boonen, a réagi le directeur général de la Fédération belge de cyclisme (LVB), Tom Van Damme. Je ne veux plus parler de la fonction d'exemple de Tom Boonen. Déjà passablement écornée l'année dernière, son image a définitivement pâli cette fois. Tom Boonen ne peut plus se retrancher derrière des problèmes privés. Avec ce qu'il gagne, il n'a pas fait son devoir.»

Sanctions

Le contrôle ayant été effectué en dehors d'une période de course (12 jours après sa dernière sortie, au GP de l'Escaut), Boonen ne risque en principe pas de sanction sportive, la cocaïne ne faisant pas partie des produits interdits hors compétition. Mais, selon l'avocat du coureur, la justice belge pourrait se montrer moins clémente que lors de son précédent passage devant les tribunaux.

D'autant que Boonen risque des poursuites pénales pour récidive. Suite à son premier contrôle positif à la cocaïne (mais aussi à l'ecstasy) en mai 2008, Boonen avait bénéficié «de la suspension du prononcé» à condition de ne pas récidiver dans les trois ans. Les juges belges ne l'avaient pas sanctionné estimant qu'il avait été «suffisamment puni par la médiatisation de l'affaire».

«Juridiquement, ce nouveau contrôle pose problème car les conditions de la suspension de prononcé ont été mises à mal. Le sursis pourrait tomber. Les conséquences pourraient être désastreuses», a reconnu samedi l'avocat du coureur, Me Luc Deleu. Affaire à suivre.