Ecosse – France : Avec Moefana et Danty, Galthié fait le choix du « très costaud »

RUGBY Fabien Galthié n’a changé qu’un joueur par la force des choses pour affronter l’Ecosse samedi à Murrayfield, dans le Tournoi des VI Nations

Nicolas Stival
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Yoram Moefana sera titulaire à l'aile pour Ecosse - France.
Yoram Moefana sera titulaire à l'aile pour Ecosse - France. — François Mori / AP / Sipa
  • Après le forfait de Gabin Villière, c’est Yoram Moefana qui évoluera sur l’aile gauche du XV de France samedi en Ecosse, lors de la troisième journée du Tournoi des VI Nations.
  • Fabien Galthié a choisi de s’appuyer sur une paire de centres Fickou – Danty, qui a déjà fait ses preuves.
  • Le sélectionneur s’attend à un duel très physique à Murrayfield, face à une formation qui ne réussit pas vraiment à ses Bleus.

Un seul changement par rapport à la belle victoire sur l’Irlande (30-24) et encore, contraint et forcé. À la suite du forfait du pitbull Gabin Villière, victime d’une fracture du sinus contre la verte Erin, le centre Jonathan Danty, de retour de blessure, intègre le XV de France qui ira entretenir son rêve de Grand Chelem samedi en Ecosse. Aligné au cœur de la ligne des trois-quarts face aux Irlandais, Yoram Moefana glisse sur l’aile à la place de Villière, un poste quasiment inédit pour le jeune Bordelo-Béglais de 21 ans : il n’y a été titularisé que trois fois depuis le début de sa carrière.


« Yoram a fait un très, très bon match face à l’Irlande, a lancé Fabien Galthié, au moment de justifier un choix déjà défloré par ses compos à l’entraînement, cette semaine à Marcoussis. Il avait aussi signé une très bonne entrée face à l’Italie. Il est très performant avec l’UBB et à l’entraînement avec nous, au centre comme sur l’aile. On voulait garder quelque chose d’homogène au milieu du terrain. »

Un désaveu pour les purs ailiers

D’où le choix de reconduire une paire de centres Fickou – Danty qui a déjà fait ses preuves. Tant pis pour le centre du Racing 92 Virimi Vakatawa, ancien cadre des Bleus renvoyé dans ses foyers dès jeudi soir, ou pour les ailiers de métier, dont aucun ne figure ne serait-ce que sur le banc. A l’image du Toulousain Matthis Lebel, cantonné au statut peu envié de réserviste. « Il fait toujours de bons entraînements avec nous, assure le sélectionneur. Mais on a pris la décision de jouer avec des profils très costauds face à des Ecossais très, très physiques, avec un jeu très direct articulé autour de [Finn] Russell. »

« On met les meilleurs du moment sur le terrain dans une émulation très forte, grâce au travail des 42 joueurs [retenus à chaque rassemblement des Bleus], poursuit Galthié. Matthis Lebel, Donovan Taofifenua et Jules Favre contribuent à ce travail-là. » Mais ces trois-là, qui ne compilent qu’une seule sélection (pour Lebel), n’offrent aucune garantie au plus haut niveau, ce qui relève en creux le déficit de réservoir au poste d’ailier derrière les tauliers Penaud et Villière.

Et en cas de problème en cours de match, que faire avec seulement deux trois-quarts sur un banc à six avants : le demi de mêlée Maxime Lucu et l’arrière ou ouvreur Thomas Ramos Pas de souci, Fabien-la-Bricole a la réponse, puisque le demi d’ouverture Romain Ntamack peut glisser au centre et Fickou dépanner sur une aile. « Et [le 3e ligne] François Cros peut être un excellent premier centre au cas où », assure Galthié.

Si on pouvait éviter d’en arriver là face à la bête noire des Bleus, avec notamment le revers à Murrayfield en 2020 (28-17) – « un non-match », dixit le sélectionneur – puis celui au Stade de France l’an dernier (23-27)...