France - Italie : De l'entame ratée au triplé de Villière, les Bleus ont oscillé entre bon et bof

RUGBY Le XV de France a battu l'Italie dimanche au Stade de France (37-10) avec quelques trous d'air à corriger avant de recevoir l'Irlande, dans six jours

William Pereira
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Villière et les Bleus ont battu l'Italie
Villière et les Bleus ont battu l'Italie — Michel Euler/AP/SIPA

Au Stade de France,

A quoi tient le secret d’un script bien rodé ? Un début de match casse pieds, une ou deux frayeurs, le réveil, puis la fête au bout des 80 minutes devant 62.000 spectateurs en transe (plus que d’habitude). Des années qu’on enchaîne les France-Italie en amical ou pendant le Tournoi, des années que ça dure. Emmerdante à souhait pendant vingt minutes et bien aidée par le  XV de France, l’Italie a mené à deux reprises avant de se faire éparpiller par les Bleus au Stade de France (37-10).

Ces derniers, orphelins d’un Fabien Galthié covidé, ont assuré le principal en grattant le bonus offensif et se préparent déjà à un affrontement déterminant contre l’Irlande, l’autre favori proclamé à l’issue de la première journée. Avec un mot d’ordre de Raphaël Ibañez, en conférence de presse : « monter d’un cran ». Car si tout n’est évidemment pas à jeter, il est clair qu’une telle performance ne suffira pas face aux Irlandais. Petite liste du bon et du moins bon entrevu dimanche.

Les plus

Le deuxième essai : Pour l’ensemble de l’œuvre. La vitesse de transmission est folle et   les Italiens​ n’ont rien pu faire. Pas faute d’être bien montés sur le porteur.

Gabin « Cheslin » Villière : Un triplé et une image troublante. Sur son deuxième essai, celui où Gregory Aldritt passe on ne sait comment la main dans le cambouis pour déclencher l’offrande, l’ailier balade ce qu’il reste de la Squadra sur des appuis qui rappellent Kolbe. Rien que l’on ne sache pas déjà. Le Toulonnais est vif et c’est un finisseur hors pair, donc il est plus à même de récolter les lauriers à la fin des batailles (il a été élu homme du match). Raphaël Ibañez préfère néanmoins souligner les valeurs incarnées par son joueur. « Ce qui est assez caractéristique chez lui, c’est cet état d’esprit de guerrier, qui est un exemple pour ses coéquipiers. » Un juste hommage pour un homme qui n’hésite pas à faire barrage de son corps de poche pour stopper un jeu au pied.

L’intensité : Clairement ce qui a permis aux Bleus de bouffer les Italiens à la longue (ça, et le talent, et le banc). « La première mi-temps a été très physique mais c’est elle qui nous a permis de gagner le match », résumera très bien Greg Alldrit en zone mixte. La Squadra a surjoué 40 minutes avant de s’effondrer. Les Bleus, eux, cavalaient encore à la 80e pour aller en planter un cinquième. Plutôt rassurant.

Le coaching en télétravail de Galthié : Si Raphaël Ibañez était le coach attitré pour la rencontre en remplacement  du sélectionneur, testé positif au Covid, ce dernier n’allait sans doute pas laisser Omicron l’empêcher de faire son taf à distance. « Il nous est arrivé de communiquer tout au long de la rencontre, a expliqué Ibañez en conférence de presse, notamment sur le côté stratégique et le coaching à la fin de la rencontre. On s’est bien adapté pour le bien de l’équipe. » Antoine Dupont avait pour sa part eu le boss au bout du fil en début d’aprem. « Tout était clair ». Il paraît même que le travail à distance a permis à Galthié de commencer à préparer ses fiches pour l’Irlande. Que du bon, donc.

Les moins

L’entame immonde : Melvyn Jaminet n’a pas fait un match affreux. Moins bon que d’habitude face aux perches, il a gratté quelques précieux ballons aériens. Sauf un : celui qui mène à l’essai italien pour couronner 20 premières minutes à jeter aux oubliettes. Raphaël Ibañez met ça sur le dos du manque de rythme. « Cette équipe n’avait pas joué ensemble depuis trois mois. » Un détail qui ne s’applique qu’à la France, comme la pluie et le vent également cités. Comme dirait le diable, « ben voyons ».


L’indiscipline : 14 fautes (dont un paquet au sol). C’est énorme et c’est surtout beaucoup trop « pour un match de niveau international » pour reprendre les mots de Grégory Alldrit. Des stats qui nous ramènent ni plus ni moins qu’à l’ère pré-Galthié. « Ça ne nous ressemble pas de faire autant de fautes, s’inquiète Dupont. On avait pour habitude d’être bien disciplinés sur nos précédentes rencontres. » Tout ce beau monde promet néanmoins d’insister sur ce point dans les jours à venir.

Un jeu au pied pas ouf : Antoine Dupont ne panique pas, mais il n’est pas fou. Son jeu au pied a été jonché « d’approximations » face à l’Italie. Trop court, trop long, trop rarement dans le bon tempo, bref, trop tout. Melvyn Jaminet abonde, même s’il réfute la théorie selon laquelle le XV de France a abusé de cet aspect du rugby, dimanche après-midi. « Avec les conditions météo, tenir le ballon était compliqué. C’est pas tant qu’il y avait trop de jeu au pied qu’une histoire de précision. Il faudra bien régler ça contre les Irlandais, parce qu’ils sont adeptes de ça. » Au boulot, les gars.