Cambriolages : Le rugbyman du XV de France Mohamed Haouas condamné à 18 mois de prison avec sursis

VOLS Le joueur a été condamné à 18 mois de prison avec sursis et 15.000 euros d’amende pour son implication dans des cambriolages de bureaux de tabac à Montpellier il y a huit ans

20 Minutes avec AFP
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Haouas
Haouas — Dave Winter/Shutterstock/SIPA

Mohamed Haouas a été rattrapé par son passé. Titulaire quasi indiscutable avec l'équipe de France de rugby, le joueur de 27 ans a été  condamné ce vendredi à 18 mois de prison avec sursis et 15.000 euros d’amende pour son implication dans des cambriolages de bureaux de tabac à Montpellier il y a huit ans.

Initialement prévu en janvier 2021 et plusieurs fois reporté, ce procès a privé le joueur du Montpellier Hérault  Rugby, actuel 2e du Top 14, du match d’ouverture du Tournoi des six nations avec les Bleus dimanche contre l’Italie.

Réquisitoire suivi à la lettre

« C’est un parcours exemplaire pour les jeunes, et je le prends en compte. Il veut apurer sa dette, refermer ce chapitre », avait reconnu la procureure, en demandant « 18 mois de prison avec un sursis et 15.000 euros d’amende » contre le pilier de l’équipe de France. Un réquisitoire suivi à la lettre par le tribunal.

Le co-prévenu de Mohamed Haouas, qui comparaissait détenu, a lui été condamné à 18 mois de prison ferme. Un troisième homme, mineur à l’époque, a été renvoyé devant un juge des enfants.

Une affaire qui remonte à 2014

Veste bleu marine à capuche, pantalon et masque chirurgical noir, Mohamed Haouas, colosse de 1,85 m pour 125 kg, était arrivé en compagnie de son épouse et du manager du club héraultais, l’ancien sélectionneur des Bleus Philippe Saint-André.

Interpellé en juin 2014, détenu quatre jours en maison d’arrêt dans le cadre de l’enquête sur une série de cambriolages de bureaux de tabac à Montpellier entre février et avril de cette année-là, l’international devait répondre de « vols en réunion avec effraction » et du « recel » d’une voiture volée.

Cigarettes, billets de loterie et timbres fiscaux

Son ADN avait été retrouvé sur l’élastique d’une lampe frontale abandonnée par les cambrioleurs. Le butin était constitué essentiellement de cartons de cigarettes, de billets de loterie à gratter et de timbres fiscaux, pour une valeur de plusieurs dizaines de milliers d’euros. Lors de l’enquête, il avait cependant toujours nié les faits, reconnaissant seulement avoir participé au transport de certains cartons de cigarettes.

« Momo, dis-leur de se dépêcher, on a entraînement à 14h00 », a lancé Saint-André avant l’ouverture de l’audience, pour tenter de dérider son joueur. Visiblement tendu, le pilier des Bleus s’est peu à peu relaxé, écoutant attentivement les débats, au premier rang.

Des « erreurs de jeunesse »

À la barre, il a préféré garder le silence sur les faits, pour « laisser parler son avocat ». Mais il a répondu sans problème aux questions de personnalité, expliquant être marié, avoir deux enfants, un fils de quatre ans et une fille de quatre mois, et gagner 15.000 euros par mois comme rugbyman professionnel.

Concédant « des erreurs de jeunesse », il est revenu sur son enfance dans le quartier sensible du Petit Bard à Montpellier, gangrené par la pauvreté, le chômage et les trafics de drogues, où il était arrivé avec ses parents, en provenance du Nord : « A l’époque c’était dangereux, soit tu restes, soit tu t’échappes. (…) On me frappait pour me voler mon vélo, on se battait. Ils m’ont testé, je n’avais ni grand frère, ni père, il fallait que je me défende ».

La « fierté » de porter le maillot bleu

« On a mangé à Coluche (les Restaus du cœur), on a habité dans des foyers, des hôtels, c’était un peu compliqué », a-t-il rappelé.

Une certitude : il est « fier » de l’homme qu’il est devenu. « J’ai galéré dans la vie, je me suis démerdé, je suis fier d’avoir construit une famille, une maison », a-t-il insisté, questionné par son avocat, Me Marc Gallix. Et côté rugby, c’est « une fierté » de porter le maillot bleu, pour lui, le gamin franco-algérien.