MMA : « Je suis désolé », Ciryl Gane n’a rien pu faire contre Ngannou, définitivement roi des lourds

UFC Le Français est allé au bout du combat mais il a été déclaré perdant à l’unanimité par les juges

J.L. avec AFP
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Ciryl Gane a été dominé par Francis Ngannou malgré une belle résistance sur cinq rounds.
Ciryl Gane a été dominé par Francis Ngannou malgré une belle résistance sur cinq rounds. — Katelyn Mulcahy / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP

Le Camerounais Francis Ngannou a conservé sa ceinture de champion du monde UFC des lourds, en battant le Français Ciryl Gane par décision unanime, samedi, lors d’un combat d’arts martiaux mixtes disputé à Anaheim en Californie.

C’est au bout des cinq reprises, très serrées, certainement moins spectaculaires qu’espéré par les fans, que Ngannou s’est imposé, ajoutant une 17e victoire à son palmarès (3 défaites) et infligeant à Gane son premier revers en 11 combats. Le Français a mieux commencé, en variant ses coups et grâce à une meilleure mobilité dans la cage. Il a placé quelques coups de pied retournés, dont un bien encaissé au cou par son adversaire, et des jabs pleine face.



Le contre spectaculaire de Ngannou

Ngannou, contrarié de se sentir un peu à la traîne aux points, a trouvé la solution dans le 3e round, dans un registre qui n’est pas forcément le sien : la prise au sol. Contrant un high kick de Gane, il l’a retourné en l’air et plaqué au sol en retombant dessus de tout son poids (115 kg). Assurément l’image de ce combat, aux yeux du public et certainement des juges.

Ngannou a plusieurs fois mis au sol le Français, usant de sa force pour l’épuiser sans pour autant le toucher violemment avec ses poings, son point fort habituel. Gane a tenté de le contrer d’une clé de bras au 4e round mais elle n’a pas tenu assez longtemps. Dans la dernière reprise, les deux combattants ont plus souvent été allongés au sol que debout, l’un prenant le dessus sur l’autre à tour de rôle, jusqu’à l’épuisement de chacun et des dernières secondes.

Ngannou a ainsi mieux fini, récompensé par un score de 48-47, 48-47, 49-46, sous les yeux de Gane, qui avait compris sa défaite à la sirène. La puissance du « Predator » a ainsi fait la différence face à la technique de « Bon Gamin », présumé plus fort sur ce point.



Gane mis en échec sur la technique

Annoncé comme un des plus gros affrontements de l’histoire de l’UFC, la plus importante ligue mondiale d’arts martiaux mixtes, ce choc entre deux combattants qui se connaissaient assez bien pour être tous deux issus de la MMA Factory, l’usine à champions sise à Paris, n’a peut-être pas tenu toutes ses promesses.

Mais au final, dix mois après s’être emparé de la ceinture de champion du monde aux dépens de l’Américain Stipe Miocic alors mis KO sans ménagement sous ses coups de poings, Ngannou a prouvé qu’il reste à 35 ans le meilleur pugiliste actuel dans sa catégorie de poids. Pour Gane, 31 ans, la montagne était trop haute à franchir mais l’avenir appartient à celui qui n’a débuté qu’en 2018 dans le MMA.

« Je suis désolé pour toux ceux qui me soutiennent, mais c’était une très bonne expérience, ça ne fait que trois ans que je suis dans ce sport », a réagi le Français avec fair-play à l’issue du combat, félicitant son ancien compagnon d’entraînement, de son côté « surpris que Gane tienne jusqu’au bout », une rareté pour Ngannou qui a l’habitude de fracasser tout le monde dans la cage bien avant la limite.