MMA : Qui est Ciryl Gane, ou « Bon gamin », ce Français qui convoite la ceinture mondiale en UFC ?

COMBAT Ce Vendéen de 31 ans (3e mondial) affronte, ce samedi, à Las Vegas, le Russe Volkov (n°5 mondial). Une victoire pourrait le rapprocher un peu plus d’un combat pour le titre mondial

David Phelippeau
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Cyril Gane.
Cyril Gane. — Guillaume Landry
  • Cyril Gane, 31 ans, qui est moins connu que McGregor ou Ngannou, combat en MMA, ce samedi soir, pour se rapprocher du titre mondial en UFC (la plus prestigieuse organisation de la discipline).
  • Le Vendéen a une trajectoire incroyable : il n’a commencé les sports de combat qu’à l’âge de 24 ans.

Son nom ne parle qu’aux spécialistes du MMA (mixed martial arts). Le grand public connaît l’ancienne star charismatique Conor McGregor ou « The Predator » Francis Ngannou, au sommet actuellement de la discipline, mais pas (encore) Ciryl Gane. Il faut dire que son surnom n’a rien d’effrayant et est même passe-partout. Lui, c’est « Bon gamin » en référence à « une histoire avec des copains ». L’inscription est tatouée sur sa peau.

Bon gamin peut-être, mais surtout teigneux et sans pitié. Ce samedi, l’actuel n°3 mondial des poids lourds au sein de la plus prestigieuse organisation des arts martiaux mixtes, l’UFC (Ultimate Fighting Championship), invaincu en MMA (huit victoires), affronte le n° 5, le Russe Alexander Volkov à Las Vegas. Un nouveau succès, et sa route vers la ceinture mondiale se poursuivra.

Cyril Gane.
Cyril Gane. - MMA Factory

Ciryl Gane, c’est l’histoire d’un mec, né à La Roche-sur-Yon en Vendée, et dont la vie a basculé le jour où on lui a enfilé des gants et on l’a mis sur un ring. Ce père de famille, qui s’entraîne et vit à Paris, ne commence les sports de combat qu’à 24 ans. A peine sept ans, plus tard, il est « le 3e homme le plus fort du monde », comme il se décrit. « Je n’avais jamais pensé faire un sport de combat, glisse-t-il aujourd’hui. Je n’étais même pas bagarreur. Enfant, j’ai fait beaucoup de foot puis ça m’a saoulé. Du basket aussi car j’étais déjà grand [1,95 m aujourd’hui]. » Le garçon est doué dans ces sports, très doué même, mais il ne pousse pas son potentiel jusqu’au bout.

Double champion de France de muay-thaï

A 24 ans, Ciryl Gane quitte sa Vendée et sa famille pour la région parisienne. Il y suit un BTS Management unité commerciale. Contraint de travailler le week-end comme vendeur dans une boutique d’ameublement, il stoppe toutes ses activités sportives. « Je mangeais bien, j’étais bien avec Madame [sa compagne, une Vendéenne aussi], sourit-il. J’ai vite senti que j’avais besoin de faire du sport. » Un de ses copains de promo lui propose de le rejoindre au club de  Puteaux Scorp’Thai pour s’essayer au muay-thaï. Ciryl tape très vite dans l’œil des coachs. « Ils m’ont dit : soit tu viens et on fait quelque chose avec toi, soit tu ne viens plus ! »

Du haut de son 1,95 m et son quintal bien passé (112 kg), le Vendéen impressionne par sa vitesse d’adaptation à une discipline inconnue pour lui. Sa progression est unique et supersonique. Ses parents apprennent le jour de son premier combat que leur petit dernier [Ciryl a un grand frère et une grande sœur] distribue des coups de poings et pieds sur un ring désormais… En moins de trois ans, il devient double champion de France (2016 et 2017). Il s’offre les meilleurs français et mondiaux.

Il passe en UFC après trois combats… du jamais vu !

En 2018, il suit un ami à la MMA Factory, « côté est de Paris, plus près de chez moi ». « J’ai toqué et je me suis pris au jeu du MMA. » A bout de six mois, il se retrouve déjà dans un octogone pour un premier combat. Il remporte une première ceinture en TKO MMA à l’été 2018. Dans cette organisation, il gagne trois combats. Ciryl surclasse ses adversaires à tel point qu’on lui propose très vite de rejoindre l’UFC, la Ligue des champions du MMA.

« Bon gamin » se prend au jeu au gré des victoires parfois expéditives. Lors de son premier combat, il aplatit son adversaire lors du premier round par soumission. Dans l’octogone, Ciryl Gane, dont le papa et le grand-père avaient pratiqué la boxe, ressent « des sensations pas comme les autres, uniques ». « C’est une adrénaline qu’on n’a pas dans d’autres sports. Tu te retrouves dans une cage face à un mec et tu dois en découdre. On est des gladiateurs. »

Cette trajectoire étonnante, Ciryl Gane, très bien entouré par son coach Fernand Lopez (ex-coach de Ngannou), la vit sereinement : « C’est étrange en fait, les gens sont surpris ou pas au courant de ce que je fais. Je prends tout cela au sérieux, mais ça fait drôle de se dire qu’on est le 3e homme le plus fort au monde. » Il pense que s’il en est là c’est forcément « grâce à des grandes prédispositions physiques ». Dans l’octogone, le Vendéen est fluide, rapide, physique, félin, mais ce n’est pas tout… « J’ai aussi une faculté d’adaptation et de compréhension très importante. Mon corps était prédisposé à cette discipline, mais mon cerveau aussi. » Son intelligence tactique bluffe tous les observateurs. Son ascension rend sa famille très fière. « Moi, j’étais le petit jeune qui ne voulait pas en "branler" trop et qui ne faisait rien de spécial dans la vie », s’esclaffe-t-il. Ce samedi, il peut se rapprocher encore un peu plus de la ceinture mondiale. « Bon gamin » peut devenir très bientôt un sacré gamin.