L'UFC à l'assaut de la France et des préjugés

ULTIMATE FIGHT Lorenzo Fertitta est en croisade en France pour faire accepter son sport…

Julie Lévy-Marchal
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Lorenzo Fertitta, en 2006, à Los Angeles.
Lorenzo Fertitta, en 2006, à Los Angeles. — S.MIRCOVICH/REUTERS

Pédagogique. Lorenzo Fertitta, le président américain de l’Ultimate Fighting Championship (UFC), la franchise de MMA (Multi martial arts) est en France pour légitimer son sport. Comme tout bon combattant, il attaque de front ses adversaires et se rend mardi au ministère des Sports pour rencontrer les décideurs qui refusent de reconnaitre le MMA dans l’Hexagone. Première visite: Chantal Jouanno, qui avait qualifié cette discipline de «combat de chiens». Aussi violents puissent être les combats qui se déroulent dans l’octogone (le ring), Fertitta le répète, c’est un sport de combat légitime, avec des règles strictes. «La ministre des Sports va reconnaitre le MMA parce que c’est un sport fantastique. Il suffit juste de l’éduquer», ajoute-t-il.

 Un sport très réglementé

Si le MMA a débuté dans les années 90, sans aucune règle, réunissant dans un même combat un lutteur qui voulait se mesurer à un karateka, ou un judoka qui voulait se battre avec un lutteur, Lorenzo Fertitta reconnaît aisément qu’à cette époque, c’était le «far west. Il n’y avait pas de règlement et la discipline aurait dû être interdite. Mais dès novembre 2001, la première chose que l’on a faite quand on a racheté l’UFC, c’est d’établir des règles pour être sûrs que les participants sortent vivants de l’octogone, pour assurer leur santé, en faire un sport aux règles olympiques comme elles peuvent s’appliquer dans le judo ou la boxe. C’est un sport beaucoup moins violent qu’il n’y parait. La plus grosse blessure, c’est une jambe cassée.»

 «Les décisionnaires laissent le dossier pourrir»

 Les organisateurs de combats ne badinent pas avec les examens médicaux obligatoires avant et après le combat : IRM, analyses sanguines, tests de vue, pesée, exclusion de 90 jours en cas de KO… Cyrille «Snake» Diabaté, ultimate fighter français, confirme. «J’ai été quatre fois champion du monde de boxe thaï. Je peux vous assurer que je prends moins de mauvais coup en Ultimate. Je ne pourrais plus faire de boxe à 38 ans.» Cyrille regrette l’attitude de la France à l’égard de la discipline, et, beaucoup moins indulgent que Fertitta, lâche : «C’est ridicule de refuser l’UFC. Les gens qui sont décisionnaires ne sont pas compétents, pas au courant de la situation, et ne veulent pas s’y intéresser. Ils laissent le dossier pourrir, attentistes, et refilent le bébé au suivant qui occupera son siège.»

Ne pas passer à côté d'un sport mondial 

D’autant plus ridicule pour les membres de l’UFC que le MMA se développe. C’est un sport qui intéresse des millions de personnes à travers le monde et dont l’expansion menée par Fertitta ne cesse de se répandre. En 2001, seuls deux pays accueillaient l’UFC. En 2011, la franchise est présente dans 147 pays et les combats diffusés dans 8 millions de foyers. «Nous voulons associer la France à ce développement parce qu’elle a une grande culture d’arts martiaux. Et puis j’adore Paris!» Boutade mise à part, Fertitta est dans une entreprise de légitimation de l’UFC, qui ne s’arrêtera que lorsque le MMA sera reconnu discipline olympique. Et les contacts avec le CIO ont déjà été pris…