Paris - Roubaix: Boonen triple la mise

CYCLISME Le coureur belge s'impose pour la troisième fois de sa carrière dans l'enfer du Nord...

A Roubaix, Antoine Maes

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Le cycliste belge Tom Boonen, à l'arrivée de Paris Roubaix, le 12 avril 2009.
Le cycliste belge Tom Boonen, à l'arrivée de Paris Roubaix, le 12 avril 2009. — P.Rossignol/REUTERS

Tom Boonen est noir de poussière et de boue. Il a le coude gauche en sang. Il est exténué. Mais il sourit. Le Belge est assis au milieu de la pelouse du Vélodrome: il vient de remporter son 3e Paris-Roubaix, et entre dans un cercle très réservé. Au palmarès des triples-vainqueurs, il rejoint Carlos Moser, Eddy Merckx ou encore Johan Museuuw. Rien que ça. Mais pour lui, cette victoire est peut-être la plus belle.

Parce que le final de l’Enfer du Nord a offert un mano à mano gigantesque, un bras de fer monstrueux. Les forçats viennent de s’enquiller 52 kilomètres de pavés indigestes. Et dans les faubourgs de Roubaix, un duel au couteau s’engage entre Boonen et Pozzato. L’écart est à 10 secondes. Se stabilise à 15. Puis grimpe à 20, 25 secondes… La colonie flahute qui a envahit le Vélodrome depuis le début de l’après-midi peut rugir. La «Dure des Dures» n’échappera pas au Belge. Sacré désillusion pour l’Italien, qui squatte le porte-bagage de Bonnen depuis le début de la campagne des classiques.

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Sa victoire a pourtant mis du temps à se dessiner. La Tranchée, comme d’habitude, n’a donné la victoire à personne. Mais a encore une fois filé un bel aperçu pour le final. A la sortie de la «Drêve des Boules d’Hérin», on a déjà entrevu le coup de pédale musclé de Boonen, Pozzato, Flecha et Hoste. Ces quatre là, plus Hushovd et Vansummeren, se retrouvent devant à la sortie d’Orchies, 20km plus loin. La mine de Tom Boonen piège Haussler, mais aussi Devolder et Chavanel, qui terminera 8e à Roubaix.

Dans ce groupe-là, Bonnen est le seul Quick Step. Mais c’est aussi le seul à avoir déjà remporté la Reine des Classiques. Alors ce n’est pas une crevaison du Double-vainqueur, à Cysoing, qui va lui miner le moral. Leif Hoste, habituel maudit de l’Enfer du Nord, ne profite pas de la supériorité numérique des Silence-Lotto pour plomber le grand favori pendant son dépannage.

Seul sur la photo

Mal leur en a pris: au début du Carrefour de l’Arbre, Flecha tombe, et emporte Hoste et Vansummeren, coéquipiers d’infortune. La voie est libre pour les duettistes, qui entament leur poursuite d’Enfer. Mais Pozzato ne reviendra jamais sur Boonen, qui se permet même un dernier rush avant la ligne. Juste pour éjecter l’Italien de la photo finale.