Formule 1 : Hamilton revient à hauteur de Verstappen après un GP complètement dingue

AUTOMOBILE Un crash en qualifications, deux drapeaux rouges, un nouvel accrochage entre les deux leaders et toujours plus de rancœur… Il s’est passé énormément de choses lors de ce GP, où le Britannique a remporté une victoire cruciale

N.C. avec AFP
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Lewis Hamilton a remporté le GP d'Arabie Saoudite, le 5 décembre 2021.
Lewis Hamilton a remporté le GP d'Arabie Saoudite, le 5 décembre 2021. — Hassan Ammar/AP/SIPA

Quelle fin de saison en Formule 1 ! Alors qu’il ne reste plus qu’un Grand Prix, dimanche prochain à Abou Dhabi, Lewis Hamilton (Mercedes) et Max Verstappen (Red Bull) sont à égalité parfaite en tête du classement du championnat du monde. Les deux hommes comptent chacun 369,5 points après la victoire du Britannique devant le Néerlandais dimanche lors du GP d’Arabie saoudite, au terme d’un scenario complètement dingo.

Sur le circuit de Jeddah, les deux pilotes se sont rendus coup pour coup, avec notamment un Verstappen toujours à la limite. Hamilton semblait parti pour une course tranquille en tête jusqu’à l’accident de Mick Schumacher (Haas) au 10e tour, provoquant l’entrée en piste de la voiture de sécurité. Hamilton et Bottas s’arrêtent pour changer de pneus, mais pas Verstappen. Trois tours plus tard, la course est interrompue le temps de réparer les barrières de sécurité abîmées par Schumacher.

L’étrange gestion du directeur de course, Michael Masi

Le pilote Red Bull se retrouve en tête pour prendre le deuxième départ. Son rival, frustré, le dépasse au premier virage mais le Néerlandais parvient à reprendre les commandes en coupant le virage. Le Français Estan Ocon (Alpine) en profite aussi pour dépasser le Britannique.

Mais derrière, deux crashs se produisent en simultané, impliquant Charles Leclerc et Sergio Pérez d’une part, George Russell et Nikita Mazepin de l’autre. Nouveau drapeau rouge. Se produit alors un échange étonnant : plutôt que d’en référer aux commissaires sportifs, le directeur de course Michael Masi propose à Red Bull de rendre directement sa position à Hamilton et donc de prendre le troisième départ en troisième position, derrière Ocon et le pilote Mercedes. L’écurie autrichienne accepte.

A son tour énervé, Verstappen reprend les rênes avec un meilleur départ. Hamilton, lui, prend logiquement vite le meilleur sur Ocon. La chasse est ouverte, mais ralentie par une série de voitures de sécurité virtuelles à cause de débris sur la piste suite à des accrochages dans le peloton. Finalement, au 37e tour, le pilote Mercedes ​place son attaque au virage 1, mais son adversaire conserve sa position en sortant encore une fois des limites de la piste.

On lui intime logiquement de laisser passer Hamilton pour éviter une pénalité. Plein de vices, le pilote Red Bull ralentit très fort juste devant son rival, qui ne s’y attend pas et l’accroche par-derrière au virage 27. Les commissaires se saisissent de l’incident, qu’ils n’examineront qu’après la course et pour lequel Verstappen écopera de dix secondes de pénalité sans conséquence au général. Mais ils imposent immédiatement à ce dernier cinq secondes de pénalité pour l’incident du virage 1.

Les deux voitures sont abîmées, Verstappen voit ses pneus le lâcher, il laisse finalement la tête à Hamilton. Sur le podium, le Britannique, qui prend aussi le point du meilleur tour, rayonne. Son rival, au contraire, s’en échappe dès que possible. En conférence de presse, ensuite, ils s’ignorent ouvertement.

Vivement dimanche

« Je pense que ces derniers temps, on parle plus des lignes blanches (marquant les limites de la piste, ndlr) et de pénalités et c’est dommage. Ça n’est pas la F1 avec laquelle j’ai grandi », lâche Verstappen, qui s’estime lésé. « On est censé rester entre les lignes blanches mais les règles n’ont pas toujours été claires de la part des commissaires ces derniers temps », contre-attaque Hamilton.

« Je le sais, tous les pilotes le savent, mais apparemment ça ne s’applique pas à tout le monde ici… », ajoute le septuple champion du monde en évoquant clairement son jeune rival néerlandais. Le rendez-vous d’Abou Dhabi s’annonce bouillant.