Stade Rennais-LOSC : « On doit grandir »… Les invincibles Bretons croqués par le vice du champion

FOOTBALL Les Lillois ont mis fin à la série de treize matchs sans défaite du Stade Rennais en s’imposant 2-1 au Roazhon Park dans une rencontre où Bruno Genesio a été expulsé

Camille Allain
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Lovro Majer et Gaëtan Laborde ont perdu 2-1 face au Losc, mettant fin à une série de 13 matchs sans défaite.
Lovro Majer et Gaëtan Laborde ont perdu 2-1 face au Losc, mettant fin à une série de 13 matchs sans défaite. — J. F. Monier / AFP
  • Renato Sanches et Xeka ont puni la défense du Stade Rennais mercredi soir lors de la victoire 2-1 du LOSC à Rennes.
  • Trop tendres, les hommes de Bruno Genesio ont vu leurs adversaires faire preuve de malice et d’expérience pour casser le rythme.
  • L’arbitrage de Stéphanie Frappart a été particulièrement commenté par les dirigeants rennais. Bruno Genesio a écopé d’un carton rouge.

Au Roazhon Park,

Vingt très bonnes premières minutes. Avant de baisser de pied et de redevenir « ordinaire ». Impressionnant depuis plusieurs semaines, le Stade Rennais était lancé sur le même standing quand il est entré sur la pelouse pour affronter un LOSC sur courant alternatif. Il est rentré dans le rang quatre-vingt-dix minutes plus tard quand les Lillois ont levé les bras au ciel après leur succès 2-1. Après une excellente entame, les Bretons avaient concédé l’ouverture du score sur un mouvement d’école conclu par Xeka avant d’oublier de défendre sur Renato Sanches qui fusillait un Alfred Gomis impuissant. Le but en fin de match planté par Bourigeaud aura relancé le suspense mais pas inversé le résultat. Pour la première fois en quatorze rencontres, le Stade Rennais a perdu. Il a vu dans le même temps l’Olympique de Marseille lui passer devant au classement, le reléguant troisième.

Dans les travées du Roazhon Park, il y avait de l’amertume. Parce qu’une série qui s’arrête, ce n’est jamais simple à avaler. Mais surtout parce que les Lillois ont emmené les Rennais là où ils voulaient. Dans un match haché par les fautes, où le rythme a été sans cesse cassé, le LOSC a brillé par son expérience. « Lille a l’habitude des gros matchs. La Champions League, c’était de l’apprentissage », explique Jocelyn Gourvennec, en référence à la campagne ratée en C1 il y a deux ans et celle beaucoup plus probante que son équipe mène. A ce petit jeu, Rennes a perdu et s’est énervé. En deuxième période, Bruno Genesio a même été expulsé par Stéphanie Frappart, à qui il reprochait un coup de sifflet mal orienté. A l’expérience, Reinildo prenait tout son temps pour le frapper, ce qui rendait fou l’entraîneur rennais. « Je n’ai pas l’habitude de parler des arbitres. Encore moins ce soir. Même s’il y aurait plein de choses à dire. Ça ne sert à rien », résume Genesio.

Le coach breton sera plus prolixe quelques minutes plus tard, patientez, vous le lirez bientôt. « Je n’ai pas trop aimé ce match. Tactiquement, on s’est désorganisés ». La faute à des Lillois qui ont joué dans leur dos, misant sur la vitesse de Jonathan David, de Timothy Weah ou de Jonathan Bamba. Mais aussi à leur roublardise, leur capacité à ralentir le jeu, prenant de longues secondes pour relancer, même à la 40e minute. « Non, ça ne m’énerve pas, ça fait partie du football. Mais c’était favorisé par des décisions, disons… Discutables. On a eu très peu de temps de jeu effectif. Je ne veux pas me réfugier derrière ça ce serait trop facile. Mais Reinildo, il reste deux minutes à terre. Et on n’a même pas joué quatre minutes de temps additionnel ». Cette colère, plutôt inhabituelle pour l’ancien coach de l’OL, l’a conduit à prendre un carton jaune, puis deux, synonyme de suspension.

« Il faudra un jour ou l’autre qu’on prenne exemple sur les arbitres de rugby. Vous regarderez les images sur mon 2e jaune et l’attitude de madame Frappart. Vous verrez les images ».

Amer, Bruno Genesio reconnaît que Lille a joué à sa main, après avoir fait le dos rond pendant les vingt premières minutes. « A nous de grandir, de faire preuve de plus de malice », reconnaît-il. Le constat est le même dans la bouche du buteur Benjamin Bourigeaud. « Ils ont des joueurs d’expérience, ils ont joué avec. Je n’ai pas trop envie de parler de l’arbitrage aujourd’hui ». Son équipe, réputée joueuse et jeune est-elle trop tendre ? « On a essayé aussi croyez-moi. Ils menaient au score donc c’était beaucoup plus facile de jouer avec le temps. Mais on sait ce qui n’a pas fonctionné aujourd’hui. Il faut vite passer à autre chose ».

Vite rebondir à Saint-Etienne

Malgré ce coup d’arrêt et cette fin de série, les Rennais ne veulent pas tout remettre en question. Dimanche, les Bretons iront à Saint-Etienne face à un adversaire mal classé et en manque cruel de confiance. Une proie idéale pour relancer la machine. « C’est un coup d’arrêt. On savait que la série allait s’arrêter. Mais on a du caractère. Je suis fier qu’on n’ait pas lâché. Toute l’équipe était concernée », assume le capitaine Hamari Traoré. Pour gagner, Gaëtan Laborde et ses coéquipiers devront retrouver leur force collective, qui a fait mal à tant d’équipes, y compris le PSG et l’Olympique Lyonnais. « On a un peu tout confondu. On a voulu aller trop vite dans notre jeu. On s’est trop déséquilibrés », reconnaît Bruno Genesio.