CrossFit : Un peu fêlés, quatre potes se lancent à l'assaut de records improbables, mais toujours pour la bonne cause

HORS-TERRAIN Quatre Montpelliérains dingues de CrossFit vont tenter de battre samedi le record du monde d’Assault AirBike, un vélo à résistance à air, qui est actuellement de 636 kilomètres en 24 heures

Jérôme Diesnis
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Hugo Le Charpentier et ses trois collègues s'attaquent samedi au record du monde d'Assault AirBike.
Hugo Le Charpentier et ses trois collègues s'attaquent samedi au record du monde d'Assault AirBike. — J. Diesnis / Agence Maxele Presse
  • Chaque jeudi, dans sa rubrique « hors-terrain », 20 Minutes explore de nouveaux espaces d’expression du sport, inattendus, insolites, astucieux ou en plein essor.
  • A Montpellier, quatre potes passionnés de CrossFit se fixent de battre des records du monde dans des disciplines insoupçonnées.
  • Ces tentatives n'ont rien de loufoque, elles sont toujours en rapport avec leur passion et elles servent de support à des campagnes caritatives.

C’est l’histoire d’une bande de potes, sportifs jusqu’au bout des orteils. Hugo, Benjamin, Gaëtan et Romain vont s’attaquer samedi à un record du monde. Le troisième pour certains d’entre eux. Pas le record du lancer de javelot, ni celui du 100 m papillon. Non, des trucs moins communs. Pas non plus des records loufoques comme le lancer de charentaises ou le jeté de noyau de cerise. Leurs records à eux sont à la marge, et nécessitent – pour avoir l’idée de les relever – une bonne dose d’imagination.

La passion commune à ces quatre Montpelliérains, c’est le CrossFit. Les records qu’ils rêvent de faire tomber les uns après les autres ont tous un lien avec ce sport né dans les années 1970 aux Etats-Unis. Ce qui ouvre le champ des possibles, puisque la discipline axe son fonctionnement autour de dix compétences athlétiques, allant de l’endurance à la vitesse et l’agilité.

Une tentative de record du monde d’Assault AirBike au programme 

« On s’attaque cette fois au record du monde d'Assault AirBike », expliquent-ils. Un vélo à résistance à air sur lequel les jambes fonctionnement simultanément avec les bras. Leur ambition : faire tomber la barre des 636 kilomètres en 24 heures. Ils se relaieront tous les quatre, pour tenter d’y parvenir.

Une partie d’entre eux a déjà conquis récemment deux records du monde : sur un rameur par équipe pendant 24 heures et sur le SkiErg (là aussi pendant 24 heures). Autant d’instruments de torture utilisés pendant la préparation au CrossFit. Du matos pour bosser l’endurance et le lactique mais détourné de son utilité première pour aller au bout du game.

Pour le plaisir, la gloire et une noble cause

« On est un peu des opportunistes, reconnaît Hugo Le Charpentier. L’idée d’essayer de battre des records du monde est sympa, mais on lui donne du sens en y ajoutant une noble cause. » Cette chasse au record n’est pas qu’une course à la reconnaissance et au dépassement de soi. Chaque tentative est associée à une campagne de dons.

Samedi, les quatre hommes vont ainsi se battre un peu pour eux, mais aussi pour Thomas Fernandez. Le pongiste sétois, double médaillé de bronze par équipe aux championnats d’Europe handisport, a obtenu sa qualification pour la Wodapalooza, l’une des plus prestigieuses compétitions de CrossFit disputée à Miami en janvier 2022. La qualif est belle, mais la participation, le billet d’avion et l’hébergement ont un coût.

Chefs d’entreprise ou présidents d’association

Les quatre potes ont donc décidé de lui filer un coup de main en ouvrant une cagnotte en ligne, et en se servant de leur passion et de leur goût du défi pour lui offrir de la visibilité. La tentative sera retransmise sur les réseaux sociaux, où ils ont une petite communauté. Sur place, dans la salle de CrossFit M34 South à Pérols, près de Montpellier, de nombreuses animations sont prévues avec des lots à gagner. « On essaie systématiquement de donner de la pertinence à nos actions en ralliant notre passion à de nobles causes », reprend Hugo Le Charpentier.

S’ils ne sont pas (ou plus) sportifs de haut niveau, leur hygiène de vie n’a rien à leur envier. Romain Rochas (ancien joueur de rugby à XIII en élite 1 à Montpellier) et Gaëtan Tomaso ont créé Montpoul (contraction de Montpellier et de Mon poulet), une association qui développe une petite ligne de vêtements dont ils reversent une partie des bénéfices lors d’événements caritatifs. In nut we trust, de son côté, est une entreprise gérée par Hugo Le Charpentier et Benjamin Voirin (ancien rameur élite), engagée dans la transition écologique. S’ils sont nuts, un peu fêlés en anglais dans le texte, c’est de sport. Car ces quatre-là, jamais à court d’idées pour des défis un peu barrés, ont pour le reste, la tête bien sur les épaules.