On a testé le CrossFit, un entraînement très complet

Hermine Prunier

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Le CrossFit compile pas moins de dix compétences athlétiques.
Le CrossFit compile pas moins de dix compétences athlétiques. — Alban Wyters

TEST - Pour un corps «fit» en forme, capable, et se bâtir une confiance en soi à toute épreuve, le CrossFit est la discipline idéale. A condition d’être prêt(e) à souffrir. Beaucoup. Explications.

Le CrossFit est né dans les années 70 dans le garage de Greg Glassman et son ex-femme Lauren. Ils avaient transformé le lieu en une salle d’entraînement fondant ainsi cette discipline ultra complète alliant dix compétences athlétiques, entre autres l’endurance cardio et respiratoire -qui m’aura fait le plus défaut lors du test dans la box CrossFit XIII du CMG Sports Club de la place d’Italie à Paris- l’endurance musculaire, la force, la puissance et la vitesse. En gros, le CrossFit est un mélange d’athlétisme, d’haltérophilie et de gymnastique.

L’énorme avantage de la diversité des influences du CrossFit c’est qu’il n’est pas du tout routinier! Il y a tant d’accessoires -haltères, cordes, anneaux, rameurs, kettlebells, élastiques, boîtes- d’exercices réalisables dans une box CrossFit qu’on ne sait jamais à quelle sauce on va être mangé. On le découvre en arrivant sur place car le «WOD» pour «workout of the day» est affiché au tableau.

Après l’échauffement, il faudra enchaîner les répétitions d’exercices de gym comme des pompes, des tractions ou des squats, puis de cardio en faisant du rameur ou bien en sprintant (possible au CMG, la box donne sur un balcon d’environ 100m) et d’haltérophilie type «deadlifts» avec 20kg au bout des bras, le plus rapidement possible. Et répéter la routine autant de fois qu’annoncé sur le tableau. 

«No pain no gain»

A mes yeux: de la torture, ni plus ni moins. Non adepte de la philosophie «no pain no gain», je pensais faire l’entraînement à mon rythme en m’arrêtant quand je le souhaiterai pour faire une pause comme j’ai l’habitude de faire. Mais c’était  sans compter sur l’entrain des coachs qui ne m’ont pas lâchée. Je dois bien l’avouer, je les ai détestés sur le coup.

Je voulais m’arrêter car mes bras me faisaient super mal après les vingt premières répétitions de «dips» -genre de pompes inversées où l’on doit soulever son corps à la force des bras en position assise, les jambes tendues et je crachais déjà mes poumons après le premier sprint de 200 mètres. L’un d’eux m’a prise en charge et est resté à mes côtés adaptant l’entraînement à mes capacités: au lieu de sauter sur une box haute d’une quarantaine de centimètres, il m’en a donnée une plus basse et m’a permis de simplement monter dessus avec huit kilos de poids pour la peine et au lieu de courir j’ai fait du rameur.

Une discipline à succès

Pour le dernier exercice, il fallait faire un maximum de burpees en deux minutes, j’ai refusé et il m’a dit «au moins une». J’en ai fait 10, me suis rassise et pour me motiver à me dépasser il a ajouté «tu penses être arrivée au bout? Fais en une de plus, tu auras repoussé tes limites». J’en ai fait 12. J’étais fière et séduite par l’ambiance d’une CrossFit box mais mon corps a souffert les deux jours suivants!

Les chiffres sont aussi impressionnants que les corps des crossfitteurs(euses). Le premier centre affilié a ouvert ses portes en 1995, en 2005 on en comptait 18 et environ 1700 en 2010. Aujourd’hui il y en a plus de 1700 rien que dans l’état de NY et on en trouve aux quatre coins du monde.

Ce qui explique le succès des CrossFit Games, tournois durant lesquels les CrossFitteurs(euses) du monde entier s’affrontent pendant quatre jours à réaliser en un temps donné un maximum de répétitions de douze exercices annoncés au moment des épreuves. L’année dernière ils étaient 209 58 inscrits et côté femmes c’est une canadienne Camille Leblanc-Bazinet qui a été élue «femme la plus en forme au monde» remportant ainsi la somme de 275 000 dollars. Pour le coup cela motive à se dépasser!