OM - FC Nantes : « La vraie difficulté c’est de lui dire stop », Valentin Rongier l’hybride de Sampaoli

FOOTBALL Valentin Rongier retrouve, son club formateur, le FC Nantes, ce mercredi à 21 heures, mais désormais à un poste hybride, partagé entre le milieu de terrain en phase offensive, et le côté droit sur les phases défensives

Adrien Max
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Valentin Rongier, l'homme à tout faire de l'OM.
Valentin Rongier, l'homme à tout faire de l'OM. — Massimo Insabato/Mondadori Portf/SIPA
  • L’Olympique de Marseille se déplace à Nantes ce mercredi à 21 heures, lors de la 16e journée de Ligue 1.
  • L’ancien Nantais, Valentin Rongier, va retrouver son club formateur dans un nouveau rôle, un poste hybride entre le milieu de terrain et le latéral droit.
  • Valentin Rongier a su convaincre Jorge Sampaoli grâce à ses capacités athlétiques, mais aussi et surtout grâce à son intelligence de jeu.

Jorge Sampaoli a dû avoir avec Valentin Rongier la même réaction que cette candidate de l'Amour est dans le pré, lorsqu’elle a accueilli son prétendant à la ferme. « Tu vois je te voyais plus grand, tu mesures combien ? » « 1,72 mètre » ? « Ah ouais t’es petit tu vois, je t’imaginais beaucoup plus grand ». Avec son 1,72 mètre, Valentin Rongier n’a lui aussi pas la carrure d’un Boubacar Kamara, d’un Pape Gueye ou d’un Gerson, ses concurrents au milieu de terrain à l'Olympique de Marseille.

« Quand le Jorge Sampaoli est arrivé, j’étais blessé et il a dû composer sans moi. Je pense qu’en début de saison il n’avait pas une grande confiance en moi. J’ai dû montrer pendant la prépa qu’il fallait compter sur moi et que j’avais ma carte à jouer », confiait l’ancien Nantais sur RMC pendant la dernière trêve.

Travail et intelligence

Face à cette situation, Valentin Rongier a pris les devants, en s’attachant les services d’un préparateur physique, conseillé par l’ancien olympien Florian Thauvin. « Quand je l’ai rencontré il avait très très peur de ne pas être dans le groupe de Sampaoli. La plupart des joueurs veulent être plus explosifs, plus rapides. Val, son exigence était de toujours garder un cardio très haut. La priorité a été l’explosivité, le cardio et la force. En termes de poids il n’a pas bougé, il était déjà costaud, mais il a pris en force et ça se voit sur son jeu, même lui en parle », confie David Cadier, le préparateur avec qui il a travaillé cet été.

Du travail physique couplé à une personnalité tenace. Valentin Rongier n’est pas du genre à lâcher. « La preuve, Sampaoli est là, avec une animation offensive et défensive particulière. Valentin comprend qu’il y a beaucoup de milieu de terrain, de la concurrence avec des super joueurs, un club avec une énorme ambition et une dynamique depuis la fin de saison dernière. Comme les autres, Valentin voulait participer à ça. Il avait deux choix : soit se braquer et ne pas y participer, soit adhérer au projet du coach quitte à faire des concessions », estime celui qui l’a encadré des U13 au U16 à Nantes.

« Etre défenseur, c’est un métier »

Et ces concessions, c’est tout simplement changer de poste. Ou plutôt d’occuper un poste hybride, mais c’est lui qui en parle le mieux.

« J’ai réussi à lui prouver que je pouvais aider l’équipe. A un poste un peu particulier, ce fameux poste hybride où je suis latéral droit en phase défensive et milieu de terrain en phase offensive. C’est un poste exigeant. Ce sont deux postes en un, pas forcément dans les efforts, même si ça demande un peu plus d’effort que pour un seul poste. Quand tu es en phase offensive et que tu perds le ballon, il faut se replacer en tant que latéral droit. C’est surtout tactiquement que j’ai dû m’accrocher. Etre défenseur, c’est un métier. Les repositionnements défensifs, je ne les connaissais pas en tant que latéral. Quand les ballons partent dans ton dos, regarder constamment ton central pour la position de hors-jeu. De quel côté orienter ton corps. C’était ça le plus dur, mais j’ai bien assimilé et j’ai demandé des conseils aux défenseurs de métier », détaillait-il dans l’After foot.

Pour répondre aux exigences de ce nouveau poste, on en revient à ses qualités de toujours qu’il a continué de développer. Le physique, « la vraie difficulté, c’est de lui dire stop, là on se calme. C’est très rare que ça arrive, avec lui ça fait déjà trois ou quatre fois depuis six mois. En termes de cardio, il est dans mon top 3, alors que je vois passer des joueurs depuis dix ans », recontextualise David Cadier.

Meilleur défenseur que Lirola pour Sampaoli

Et son intelligence de jeu. « Non je ne suis pas surpris par ses qualités d’adaptation et la rapidité avec laquelle il apprend un nouveau poste. C’est avant tout quelqu’un d’intelligent. Il a cette faculté d’adaptation au jeu depuis qu’il est en U13. C’est un joueur qui prend très vite l’info, analyse la situation de jeu, possède une justesse de jeu, et est plutôt efficace. Il a ce côté joueur avec un J majuscule, dans le sens le plus noble, des vrais joueurs, qui jouent avec leurs adversaires, et cela depuis très jeune », se remémore François Bourgeais.

Au point de devancer désormais Pol Lirola, pourtant latéral de formation, dans la rotation de Jorge Sampaoli. « On commence ces rencontres avec des latéraux ouverts pour utiliser la largeur, après l’idée c’est qu’ils rentrent dans l’axe. Lirola est plus ailier que latéral, nous le trouvons meilleur offensivement. Val ou Kamara peuvent mieux défendre, et jouer vers l’intérieur avec ce poste hybride. Pol est meilleur offensivement. Val meilleur dans l’axe. Mais ça vient aussi du manque de latéral dans l’effectif », a expliqué l’entraîneur argentin à la veille d’affronter le FC Nantes. Il est désormais loin le temps où Valentin Rongier ne faisait que l’arbitre officieux d’une partie de tennis ballon entre Sampaoli et Guendouzi.