Masters 1000 de Paris-Bercy : « A 100% je bats pas Djokovic, alors à 60 »... Monfils frustré par son pépin physique

TENNIS Gaël Monfils a remonté un handicap de un set et un handicap tout court pour venir à bout d'Adrian Mannarino au Masters 1000 de Paris-Bercy. Mais sa blessure ne laisse augurer rien de bon pour son 8e de finale contre Novak Djokovic

William Pereira, à Bercy
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Gaël Monfils a battu Adrian Mannarino en 3 sets
Gaël Monfils a battu Adrian Mannarino en 3 sets — Thibault Camus/AP/SIPA

Et si les déjà bien minces espoirs de victoire de Gaël Monfils contre Novak Djokovic – qu’il n’a jamais battu en 17 rencontres – s’étaient envolés sur le deuxième jeu de son match remporté (2-6, 7-6, 6-2) contre Adrian Mannarino ? Quelques minutes après l’abandon sur blessure de Stefanos Tsitsipas, le Français jouait à son tour de malchance sur sa première mise en jeu dans le duel franco-français du mercredi, laissant craindre le pire.

« C’est musculaire, a expliqué la Monf en conf. Je ne me suis pas tordu la jambe ni rien, j’ai pris un appui anodin, puis un bon coup d’électricité à la jambe. C’est bien chiant, mais au début, j’ai l’impression que ça va. Ensuite, je fais 2-3 points et j’ai senti que ça n’allait plus trop. Au changement de côté, le kiné me dit de sortir parce qu’il fallait me manipuler et mettre le strap assez haut. Ensuite [je prends des] anti-inflammatoires, et là il fallait serrer les dents pendant 20 minutes. A 6-2 pour Mannarino, j’étais pessimiste. »



La déprime puis la renaissance

Ils n’étaient pas nombreux à y croire plus que Monfils sur le central de Bercy, où la déprime ambiante se faisait sentir au début du deuxième set. Pas un « olé » pour accompagner de timides « popopolololo ». Bref, l’angoisse. Et pourtant, petit à petit, le numéro 1 français se remet à gagner ses jeux de service et à embêter Manna sur sa mise en jeu. La folie finit même par revenir, à l’image d’une volée « dunk » au filet en milieu de deuxième set. On se demande alors si tout ceci est bien raisonnable dans son état, mais la jambe tient.

« Günter [Bresnik, son coach] me disait d’être agressif et de bien servir. Ensuite je me suis réchauffé sur le plan musculaire et j’ai commencé à être plus focus sur ce que je faisais plutôt que sur la blessure. Et finalement, le moment décisif, c’est ce tie-break où on se rend coup pour coup. J’ai été plus agressif et j’ai senti Mannarino plus fébrile sur les derniers points. Sur le troisième j’ai essayé de le faire courir et de mettre de l’intensité. Physiquement je pense qu’il était plus atteint et je m’en suis bien sorti. »

« Essayer de gêner » Djokovic

Joie de courte durée. Dans moins de 24 heures, Monfils est donc censé affronter le meilleur joueur du circuit et il n’a qu’une hâte, passer par la case échographie en priant pour qu’il s’agisse d’une contracture et non d’une élongation. Quoi qu’il arrive, le Français sort « frustré » de son deuxième match parisien. « A 100 %, je le bats pas, c’est pas à 60 % que j’aurai une chance. »

Si les médecins lui donnent « le feu vert », car on ne sait pour l’heure s’il jouera jeudi, Monfils pourra toujours s’appuyer sur sa presque victoire contre Nole à Dubaï, l’année dernière – il s’était procuré trois balles de match. « Au niveau du tennis, c’est toujours pareil. J’ai perdu 17 fois contre lui, à chaque fois j’essaye de le faire chier. Le truc c’est d’essayer de le gêner le plus possible. » Rares sont ceux sur le circuit qui peuvent espérer mieux contre le boss.