PSG – Leipzig : « On a très bien joué, notre plan a fonctionné » (spoiler, pas celui de Pochettino)

FOOTBALL Les entraîneurs passent et l’équipe parisienne continue de présenter les mêmes défauts, même si le talent individuel cache la misère

Julien Laloye
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Lionel Messi, le 19 octobre 2021 au Parc des Princes.
Lionel Messi, le 19 octobre 2021 au Parc des Princes. — Anne-Christine POUJOULAT / AFP
  • Le PSG s’est imposé sans forcément le mériter contre Leipzig en Ligue des champions (3-2), avec un but de Mbappé et un doublé de Messi.
  • L’équipe présente toujours les mêmes lacunes que sous ses entraîneurs précédents, même si Mauricio Pochettino réclame encore et toujours du temps.
  • Le PSG ne survit que grâce à l’immense talent individuel de Kylian Mbappé ces dernières semaines.

Au Parc des Princes,

Un petit jeu marrant pour commencer. On a tellement l’impression d’écrire la même chose sur le PSG, depuis le temps, qu’il nous arrive secrètement de rêver à un Ctrl C + Ctrl V pour aller au lit plus vite. Et bien figurez-vous que ça marche. Lisez plutôt ce début de compte-rendu d’un match nul heureux contre Naples à l’automne 2018, un adversaire dans les mêmes eaux que Leipzig.

Postulat de départ de ce papier sur lequel il va falloir se mettre d’accord, sans quoi ça ne sert à rien de pousser la lecture plus loin. Le PSG s’est fait trimballer par le Napoli sur tout le côté almafitaine, en dehors d’une entame vaguement correcte et d’une belle réaction d’un quart d’heure en début de seconde mi-temps. Comme il s’est fait trimballer par Liverpool à Anfield, et par Lyon au Parc il n’y a pas si longtemps, du moins pendant une heure. Un joli 3/3 en trimballage,

On va changer trois mots pour voir, vous allez rire :

Postulat de départ de ce papier sur lequel il va falloir se mettre d’accord, sans quoi ça ne sert à rien de pousser la lecture plus loin. Le PSG s’est fait trimballer par Leipzig dans toute la RDA, en dehors d’une entame vaguement correcte et d’une belle réaction d’un quart d’heure en fin de seconde mi-temps. Comme il s’est fait trimballer par Rennes au Roazhon Park, et par Lyon au Parc il n’y a pas si longtemps, du moins pendant une heure. Un joli 3/3 en trimballage.

Allez, un autre extrait pour la route :

  • Les attaquants n’en foutent pas une rame pas en défense.
  • Verratti et Rabiot sont coupés du monde au milieu sur leur radeau de la méduse
  • Le projet de jeu se résume en fait à trouver Neymar en mode Lebron James au milieu. Dix secondes sur l’horloge, cinq mecs en face, et démerde-toi pour nous sortir de la mouise.

Même petit exercice, c’est saisissant :

  • Les attaquants n’en foutent pas une rame pas en défense,
  • Verratti, Gueye et Herrera sont coupés du monde
  • Le projet de jeu se résume en fait à trouver Kylian Mbappé en mode Lebron James en attaque.

Evidemment, on se fait mousser à peu de frais. Mais il est épatant de constater que les joueurs passent et que les staffs se succèdent sans qu’on puisse déceler le moindre progrès durable dans l’identité collective du PSG. A son époque, Tuchel explicitait souvent le concept « de structure ». Ainsi après Naples : « Nous avons dit à la mi-temps que nous avions perdu notre structure, nous n’avons pas joué ensemble pendant une demi-heure. Si tu ne joues pas avec une structure compacte, tu ne peux pas jouer avec intensité. Quand les espaces sont trop grands, tu ne peux pas jouer avec intensité. C’est capital de fermer les espaces, c’est notre défi »

Les justifications de Pochettino, quand on les débarrasse des couches de vernis superflues- « les grands joueurs comme Kylian et Léo sont là pour apporter des solutions quand les matchs sont compliqués »- ne sont pas si éloignées, trois ans plus tard :

« On a bien commencé mais c’est vrai qu’ils ont mis beaucoup de pression sur Marco [Verratti] et qu’on a confondu un peu les positions au milieu de terrain. Cela a rendu possible le pressing de Leipzig. On connaissait leur énergie et leur agressivité, et on n’a pas réussi à casser leur ligne de pression. Nos milieux avaient la possession du ballon, mais trop bas par rapport à ce qu’on avait prévu ».

Ander Herrera, directement concerné sur ce point :

« Après 20-25 minutes, on a perdu des ballons qui les ont fait entrer dans le match. Nous devons nous améliorer. On doit maintenir notre niveau du début de match. On a perdu des ballons qu’on ne devait pas perdre car cela a donné du courage à l’adversaire. On doit maîtriser durant 90 minutes, mais on en prend le chemin ».

Cela reste à voir, franchement. Pochettino a débarqué il y a bientôt un an, et il nous sert toujours la même soupe, celle d’une équipe « en construction, qui a besoin de temps ». La veille, il évoquait City et la permanence de Guardiola sur le banc, « six années au total », comme un vœu pieu : s’il tient déjà la moitié à Paris, ce sera un petit exploit, au vu de la pression ambiante et des pratiques de Doha. Au moins essaie-t-il de défendre un peu mieux son bifteck, ces derniers temps, comme lorsqu’il a expliqué avoir fait rentrer Wijnaldum et ordonné à Draxler de reculer pour « fixer le bloc de Leipzig à l’intérieur » du jeu dans le dernier quart d’heure, quand Paris a pris le dessus.

L’entraîneur de Leipzig dépité

« On a peut-être mérité cette défaite à ce moment-là » jugeait de l’autre côté Jesse Marsch, l’entraîneur américain de Red Bull (enfin Leipzig), pas plus convaincu que cela. « Notre plan a fonctionné, on a très bien joué. C’est le meilleur match de Laimer, Orban a été bon, Mukiele aussi, Nkunku a été le meilleur joueur sur le terrain avec Messi et Mbappé ». Et pourtant, c’est bien Paris qui a ramassé la mise. Rendez-vous dans deux semaines pour un nouveau copié-collé, sur le terrain et dans nos papiers ?