Equipe de France : Cas Giroud, défense en flanelle, cohésion du groupe… Les grands travaux de Didier Deschamps

FOOTBALL Le sélectionneur des Bleus annonce sa première liste post-Euro ce jeudi

Nicolas Stival
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Didier Deschamps et les Bleus ont beaucoup à se faire pardonner.
Didier Deschamps et les Bleus ont beaucoup à se faire pardonner. — Cristi Preda / DeFodi Image / Sipa
  • Conforté par Noël Le Graët mais fragilisé après un Euro raté, Didier Deschamps annonce ce jeudi sa liste pour les trois matchs de qualification au Mondial 2022 programmés en septembre.
  • Après son premier grand échec en neuf ans de mandat, le sélectionneur a beaucoup de travail qui l’attend.

Après avoir décroché l’étoile lors du Mondial russe en 2018, Didier « Super Mario » Deschamps a cessé de clignoter voici deux mois à Bucarest. Depuis l’incroyable élimination de ses Bleus par la Suisse en 8es de finale de l’Euro (3-3, 5-4 aux t.a.b.), le sélectionneur n’est plus invincible, ni à l’abri de critiques jusque-là plus ou moins mises en sourdine.

Conforté par son patron Noël Le Graët mais fragilisé, le Basque de 52 ans, dont neuf comme sélectionneur, joue gros dès cette rentrée, avec la reprise des qualifs pour la Coupe du monde au Qatar, programmée dans à peine 15 mois (sans parler des phases finales de la « prestigieuse » Ligue des nations en octobre).


C’est ce jeudi à 14h que Deschamps égrènera la liste des éléments censés redorer le blason national, contre la Bosnie à Strasbourg, en Ukraine puis face à la Finlande à Décines, les 1er, 4 et 7 septembre. Mais le chantier qui l’attend va bien au-delà de la composition de son groupe.

Giroud, clap de fin ?

« Il y a toujours des pages qui se tournent, oui, à moins que les joueurs la tournent eux-mêmes, mais c’est rare. » Cette citation à mi-chemin entre foot et littérature est issue du long entretien accordé par Deschamps à L’Equipe, vendredi dernier. Il y aura forcément du changement dans la liste communiquée depuis le siège de la FFF par rapport aux 26 de l’Euro, pour cause de blessures (Dembélé à coup sûr, mais aussi sans doute Thuram voire Pavard et Lucas Hernandez) ou de date de péremption internationale dépassée.

Même s’il a enfin trouvé un club où il jouera plus de cinq matchs par saison, le néo-Milanais Olivier Giroud (35 ans) a du souci à se faire quand on lit les multiples piques lancées par DD dans ladite interview, dont celle-ci : « Olivier et quelques autres, c’était en 2018, mais aujourd’hui on est en 2021 et je ne suis pas là pour donner des assurances à qui que ce soit. »

Le sélectionneur, qui vante à l’inverse les mérites de son concurrent Karim Benzema, n’a pas aimé non plus la sortie du deuxième meilleur buteur de l’histoire des Bleus (46 réalisations) après France-Bulgarie en match de prépa, sur « les ballons qui n’arrivent pas », créant une polémique pré-Euro avec Mbappé. Les fidèles Steve Mandanda (36 ans) et Moussa Sissoko (32 ans) pourraient aussi se faire quelques cheveux blancs quant à leur avenir en sélection.

Un effectif à patiner

Avec une majorité de cadres dans la force de l’âge, la révolution n’est a priori pas pour ce jeudi en équipe de France. Pas le genre du sélectionneur de toute manière, malgré le « bombazo » Benzema au printemps.

Difficile de prédire les nouveautés que réserve DD pour ce jeudi : retour de Dayot Upamecano (Bayern Munich) ? Arrivées de Théo Hernandez (Milan AC), Aurélien Tchouaméni (Monaco) ou Moussa Diaby, l’attaquant de Leverkusen formé au PSG qui a fait acte de candidature dans un récent entretien à l’AFP ? Rappel du néo-Troyen Adil Rami (on plaisante) ?

Certains chantiers sont toutefois ouverts notamment en défense, où la charnière a pas mal grincé à l’Euro et où le poste de latéral droit reste l’éternel maillon faible, en attendant l’éventuel avènement du Madrilène Ferland Mendy.

Adieu, « jogo bonito » ?

Mbappé, Benzema, Griezmann, Coman, Dembélé… Empiler les attaquants de classe mondiale, ça peut marcher à Mon Petit Gazon, moins dans la vraie vie. « Même si je considère que l’option plus offensive, d’une attaque à quatre, était valable, j’ai eu la confirmation, comme j’en avais la conviction avant, que c’était faisable sur 30 minutes ou une mi-temps, mais que sur tout un match, face à un adversaire capable de tenir le ballon, c’est beaucoup plus compliqué », détaille ainsi Deschamps dans la fameuse interview.

Entre les considérations tactiques et les soucis d’ego, il n’est pas facile de faire cohabiter tout ce beau monde devant, tout en conservant équilibre et solidité défensive, marques déposées des Bleus de DD avant de voler en éclat cet été.

Retrouver l’étanchéité sera le chantier principal du pragmatique sélectionneur, que l’on verrait bien ressortir son 4-2-3-1 du Mondial russe (mais sans Matuidi en « ailier » gauche). Il y a plus excitant comme programme. Mais après tout, la quête d’une troisième Coupe du monde vaut bien quelques roupillons de 90 minutes sur son canapé.

Une cohésion d’équipe menacée ?

Sortir d’une compétition ratée avec un sélectionneur affaibli, il y a mieux pour envisager l’avenir avec sérénité, même si après trois journées de qualifs au Mondial 2022, les Bleus occupent la tête d’un groupe aussi redoutable qu’un Yorkshire édenté (Ukraine, Finlande, Bosnie, Kazakhstan). Les débats de Deschamps avec Paul Pogba sur la gestion du fameux « money time » face aux Suisses (remontés de 1-3 à la 80e à 3-3 à la fin du temps réglementaires, pour les amnésiques) ou sa discussion très animée avec Kingsley Coman sur son remplacement pendant les prolongations n’avaient ainsi jamais été vues sous son mandat.

Ce mercredi dans L’Equipe, « captain » Lloris promet l’union sacrée. « On va revenir avec l’envie de prouver, de relancer la machine, d’aller chercher la qualification le plus tôt possible, et de jouer la Ligue des nations à fond en octobre, tonne le gardien de Tottenham. Le plus important, aujourd’hui, est de nous relever ensemble. »

Le Niçois relativise l’échec de l’Euro, par rapport « à des compétitions complètement ratées, sur le plan humain et sportif, comme j’en ai connu ». Car oui, Hugo était déjà le portier titulaire des Bleus en 2010 à Knysna.

En effet, l’Euro 2021 (ou 2020, comme vous voulez) n’a rien à voir avec le cataclysmique Mondial sud-africain, fatal à Raymond Domenech. Mais Deschamps et les Bleus devront vite réagir pour accréditer la thèse du banal accident de parcours.