Incidents Nice - OM : « Je souhaite bonne chance à la LFP », quelles sanctions pour les deux clubs ?

INCIDENTS L’OGC Nice et l’Olympique de Marseille sont convoqués par la LFP pour la commission de discipline de ce mercredi après l’arrêt du match entre les deux clubs dimanche soir, à la suite d’incidents avec des supporters niçois

Adrien Max
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Des supporters se sont introduits sur la pelouse de Nice pour en découdre avec des joueurs marseillais.
Des supporters se sont introduits sur la pelouse de Nice pour en découdre avec des joueurs marseillais. — Valery Hache / AFP
  • Le match de Ligue 1 entre l’OGC Nice et l’Olympique de Marseille a été interrompu dimanche soir à la suite d’incidents avec les supporters.
  • Les deux clubs sont convoqués devant la commission de discipline de la LFP mercredi et une enquête a été ouverte par le parquet de Nice.
  • Selon maître Thierry Granturco, c’est l’OGC Nice qui est responsable de la sécurité des joueurs, comme des spectateurs, en tant qu’organisateur
  • Il ne voit pas comment l’OM pourrait être sanctionné.

Des images qui ont fait le tour de la planète foot. Dimanche soir, le match de Ligue 1 entre l'OGC Nice et l'Olympique de Marseille a été interrompu à la 75e minute, après l’envahissement de la pelouse par des supporters Niçois, et une bagarre générale entre joueurs et dirigeants des deux clubs. Une scène hallucinante qui a finalement entraîné l’arrêt du match, après que les Marseillais ont refusé de revenir sur la pelouse, craignant pour leur sécurité.

Les deux clubs convoqués devant la commission de discipline

Ce lundi matin, la LFP réagit dans un communiqué aux incidents de la veille, en convoquant les deux clubs pour la commission de discipline de ce mercredi. « Suite aux graves incidents de la rencontre OGC Nice – Olympique de Marseille, la Commission de Discipline de la LFP convoque les deux clubs pour la séance du mercredi 25 août 2021 », se contente la ligue. Contactée par 20 Minutes, elle indique qu’il n’y aura « aucune autre prise de parole ». Par ailleurs, le parquet de Nice a ouvert une enquête, mais personne n’a été placé en garde à vue pour le moment.

Roxana Maracineanu prête à rouvrir le dossier des « interdictions de stades »

Invitée de BFMTV ce lundi matin, la ministre des sports Roxana Maracineanu, a réagi aux incidents de la veille. « C’est intolérable parce que la première des conditions pour qu’un match se déroule, c’est évidemment d’assurer la sécurité des gens qui sont sur le terrain et ça n’a pas été fait clairement hier à Nice. J’espère que l’enquête qui s’ensuivra, disciplinaire ou pénale, permettra de désigner les coupables de ce qui s’est passé hier et les sanctionner comme il le faut », a-t-elle rappelé.

« Il faut des pénalités pour le club en question, il y a les sanctions, les interdictions de stade, je suis prête à réouvrir ce dossier si on arrive à identifier les personnes en question, qui ont jeté des projectiles et qui ont envahi le terrain », souhaite-t-elle.

L’OGC Nice en infraction des règles de la LFP, du Code civil et pénal

Pour maître Thierry Granturco, avocat en droit du sport, « il est étonnant que la LFP ait voulu faire continuer le match, au final on se retrouve avec une décision vraiment à contre-courant de ce que disent les textes et la jurisprudence ». Chaque organisateur de matchs, et notamment de matchs professionnels, a la responsabilité d’assurer la sécurité des spectateurs et des joueurs. C’est inscrit dans les textes de la LFP, dans le Code civil et pénal. « Dans la jurisprudence du football, on constate qu’à chaque fois qu’il y a eu ce genre de faits, le club organisateur est considéré comme défaillant et sa responsabilité est engagée. Donc Nice va être sanctionnée au regard des règles de la LFP », avance Thierry Granturco.

Amiens, pour l’effondrement d’une barrière de sécurité, s’était vu infliger une sanction financière tandis que Bastia avait perdu son match contre Lyon sur tapis vert, avec plusieurs matchs à huis clos, sur terrain neutre, et un retrait de point après l’invasion de son terrain par des supporters. L’OM peut aussi attaquer l’OGC Nice sur le plan civil et pénal, s’ils considèrent que leurs supporters ou joueurs ont été mis en danger, avec des dommages corporels.

Sanctionner l’OM ? « Politiquement, ce serait une erreur »

« Sur un match où on s’en prend aux joueurs, aux arbitres, c’est normal qu’on réagisse. On va faire quoi ? Laisser insulter les joueurs, laisser les gens leur lancer des bouteilles pleines d’eau ? C’est aux forces de sécurité, au club qui reçoit, et aux spectateurs d’être responsables. C’est normal qu’on réagisse quand on se fait attaquer. » La ministre des sports a pris la défense des joueurs marseillais ce lundi matin, pourtant sanctionnés d’une défaite sur tapis vert, après être restés au vestiaire lorsque la Ligue a ordonné la reprise du match.

« Je souhaite bonne chance à la LFP. Est-ce qu’ils vont sanctionner Payet pour avoir jeté la bouteille ? Est-ce que quelques joueurs vont être sanctionnés pour les coups échangés et la bousculade ? Ce n’est pas le sujet. Si la LFP veut utiliser des textes pour infliger des sanctions disciplinaires contre les joueurs marseillais et niçois, elle le pourrait, estime Thierry Granturco. Mais politiquement ce serait une erreur. L’erreur majeure a été faite dimanche soir par la LFP, avec cette volonté de continuer le match. » Pour lui, s’il advenait qu’elle vienne à sanctionner des joueurs marseillais, ou le club « la LFP enverrait un signal désastreux, avec une jurisprudence dangereuse. C’est au club organisateur d’assurer la sécurité, ce qui n’a pas été le cas. Si on retient de cet événement que les Marseillais ont été agressés en tribune et sur le terrain à Nice et qu’ils sont sanctionnés, on marcherait sur la tête. Le message envoyé au foot ne serait plus du tout lisible ».