Paris : « Ça fait bizarre de les voir »… On était au Trocadéro pour le retour triomphal de Riner, Agbegnenou et des judokas

REPORTAGE Le public était présent cet après-midi dans la fan zone du Trocadéro. Une ambiance chaleureuse malgré la pluie pour célébrer les médailles des judokas fraîchement revenus des JO, avec l’or autour du cou pour les combattants mixtes par équipe

Maÿlis Dudouet
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La Fan Zone se remplit au Trocadéro à l'approche des champions judokas, le 2 août 2021
La Fan Zone se remplit au Trocadéro à l'approche des champions judokas, le 2 août 2021 — Maÿlis Dudouet
  • Ils étaient des centaines à 16 heures ce lundi pour accueillir les champions de judo à leur retour des Jeux olympiques de Tokyo.
  • L’événement avait lieu dans la fan zone des jardins du Trocadéro à Paris.
  • Parmi les athlètes présents sur place, la porte-drapeau double médaillée d’or Clarisse Agbégnénou, mais aussi l’éternel favori Teddy Riner.

Ils étaient des centaines sous la pluie. Les jardins du Trocadéro étaient pleins pour accueillir les judokas français à leur retour des JO. Drapeaux sur le dos, médailles autour du cou, les champions avaient le sourire jusqu’aux oreilles face à un public qui ne cachait pas sa joie. Certains ont profité de leurs vacances pour faire le déplacement, comme Mathis et Elie, originaires de Mayenne. Les deux jeunes hommes n’ont rien raté de la finale face aux Japonais. Pour Elie, le judo est un sport aussi « noble » que « respectueux ». « Ça transmet toutes les valeurs du sport », ajoute-t-il.

D’autres sont venus en famille, comme Gérald et Anaïs, de Sainte-Maxime (Var). En vacances à Paris, le couple et ses deux enfants ont suivi les Jeux malgré la distance. Leur fils Loric, fan incorrigible, ne sait plus où se mettre : « Ça fait bizarre de les voir. » Mais la rencontre lui a redonné l’envie de reprendre le sport : « J’avais arrêté le judo mais là j’aimerais bien continuer. » Tony, qui a fait le voyage de Haute-Savoie, n’a pas été déçu : « On attendait tous une grosse performance. Je suis venu par défaut pour Teddy et Clarisse, ce sont les plus gros champions. » Et quand on lui demande le secret de ce sport qui fait vibrer petits et grands, la réponse fuse, limpide : « Le judo est un sport qui a sa place. C’est un sport populaire, qui ramène des gens. » La preuve en est faite à l’arrivée des champions, retentissante.

Au Japon, l’équipe de France a marqué le territoire

Ils étaient là : Clarisse Agbégnénou, Axel Clerget, Teddy Riner, Sarah-Léonie Cysique mais aussi Luka Mhkeidze, Romane Dicko, Amandine Buchart, ou encore Madeleine Malonga. Parmi eux, impossible de ne pas voir le doyen Teddy, qui dépasse ses compagnons de deux têtes. Interrogé sur sa performance individuelle, l’athlète fait le point : « C’est aussi ça les JO. Parfois ça passe, parfois ça casse. Malgré tout, cette médaille de bronze elle pèse lourd dans la balance. » Après une ovation à l’attention de la foule, le bilan est fort : « C’est marqué à vie : au Japon, l’équipe de France a marqué le territoire. »

Quant à la porte-drapeau Clarisse Agbégnénou, doublement médaillée d’or, la surprise était grande : « Une médaille c’était sûr, mais alors deux… » Sur son palmarès individuel, la jeune femme a survolé le combat par son mental : « C’était une journée sans faute, avec du stress, mais j’étais déterminée. L’année a été très difficile, je suis tombée bien bas. Mais en voyant que c’était Tina en face, j’ai souri et je me suis dit que c’était écrit. » Car l’année a été difficile : « J’ai été beaucoup déprimée, je me suis renfermée un peu, mais c’était pour vous ramener les belles médailles aujourd’hui. » Le public s’enflamme devant les larmes de la jeune femme, solaire malgré la pluie sur le parvis.

Dans l’alignement de la Tour Eiffel, les mots de Clarisse Agbégnénou ont une résonance particulière : « Rendez-vous à Paris 2024. »