JO Tokyo 2021 : Les athlètes libres de s'exprimer, mais pas pendant les épreuves ou sur le podium

LIBERTÉ D'EXPRESSION Le Comité international olympique a validé l'extension de la liberté d'expression des sportifs

Antoine Huot de Saint Albin
— 
Les Italiens et les Anglais agenouillés lors de la finale de l'Euro.
Les Italiens et les Anglais agenouillés lors de la finale de l'Euro. — Carl Recine / POOL / AFP

Le Comité international olympique (CIO) a entrouvert, ce mardi à trois jours du début des Jeux de Tokyo, la porte à l’activisme politique des sportifs. Les membres du CIO ont validé l’extension de la liberté d’expression des sportifs, prévue début juillet par la commission exécutive, sujet crucial compte tenu du mouvement « Black Lives Matter » et des débats qui ont agité le récent Euro de foot.

L’article 50 de la Charte olympique bannissait jusque-là toute « démonstration ou propagande politique », et avait notamment servi à sanctionner les sprinteurs américains Tommie Smith et John Carlos pour avoir brandi leur poing ganté de noir sur le podium du 200 m des JO de Mexico en 1968.

Ne pas viser de gens en particulier, de pays ou d’organisations

Les participants aux Jeux pourront désormais s’exprimer sur des sujets politiques ou sociétaux lorsqu’ils s’adressent aux médias, lors des réunions d’équipe, sur les réseaux sociaux et même juste avant les départs de leurs épreuves. 

Mais la porte ouverte par l’instance olympique est quand même équipée d’un judas. Car le CIO interdit toujours de manifester pendant les épreuves, sur les podiums, pendant les hymnes ou dans le Village olympique, ou de « viser des gens en particulier, des pays, des organisations et toucher les gens dans leur dignité », sous peine de sanction. 

Reste à voir si les participants aux Jeux respecteront ces limites, alors que la sprinteuse américaine Gwen Berry a récemment tourné le dos au drapeau américain pendant l’hymne US lors des « trials » d’Eurgene, où elle a décroché sa qualification pour Tokyo.