Euro 2021 : Aymeric Laporte, l’Espagne lui colle au Basque

FOOTBALL Aymeric Laporte est le seul Français à disputer une demi-finale dans cet Euro 2021, avec l’Espagne, contre l’Italie, depuis qu’il s’est fait naturaliser espagnol 

Adrien Max
— 
Aymeric Laporte avec l'Espagne lors de l'Euro 2021.
Aymeric Laporte avec l'Espagne lors de l'Euro 2021. — Kiko Huesca (es-ES)/EFE/SIPA
  • Aymeric Laporte dispute la demi-finale de l'Euro 2021 avec l'Espagne contre l'Italie ce mardi soir à 21h. 
  • Le Français s'est fait naturaliser espagnol avant le début de la compétition afin de pouvoir la disputer avec la Roja. 
  • Il n'a jamais joué une minute avec l'Equipe de France, après avoir joué dans toutes les équipes de jeunes. 

Appelez le Laporta. Le défenseur français Aymeric Laporte va disputer ce mardi soir la demi-finale de l'Euro 2021, contre l'Italie, à 21h. Longtemps boudé en Bleus par Deschamps, qui l’a sélectionné mais ne l’a jamais fait jouer une minute en A, Aymeric Laporte a obtenu la nationalité espagnole en mai dernier, quelques jours avant d’être finalement sélectionné avec la Roja par Luis Enrique. Il entretient une relation particulière avec l'Espagne depuis son adolescence.

Il est pourtant né à Agen, dans le Lot-et-Garonne, en 1994, où il a commencé le foot dès l’âge de 5-6 ans. « Il a fait toute sa préformation ici, au Sporting Union Agen Football jusqu’à l’âge de 15 ans. Il avait l’objectif d’intégrer des pôles espoir de la région, comme celui de Talence, ou des centres de formation. Il était en classe sport études au collège de Miramont et participait à toutes les sélections départementales, régionales. Mais malheureusement il n’a été retenu ni en pôle espoir, ni en centre de formation », explique Johan Jourdan, vice-président du SU Agen Football depuis trois ans, qui a déjà rencontré Aymeric Laporte.

« Il a navigué dans un univers très hispanisant »

Le jeune Aymeric ne s’avoue pas vaincu, et surtout son père, Lionel, ancien joueur de rugby, le pousse. « La majorité laisse tomber dans ces cas-là, mais pas eux. Son père, qui a une forte personnalité n’a pas lâché le morceau et il y a eu cette opportunité avec l’Aviron Bayonnais », relate Johan Jourdan. Un club qui « vendre » aux forts potentiels locaux un partenariat avec L’Athlétic Bilbao.

« Pour aller à l’Athletic tu dois avoir un parent basque ou avoir fait ta préformation dans un club basque. Je crois qu’Aymeric a un grand-père basque, et nous sommes un club basque, donc il remplissait les conditions. Il faisait les navettes entre Bilbao, où il s’entraînait, et Bayonne, où il jouait avec nous les matchs le week-end », se remémore Jean-Pierre Ménard, vice-président de l’Aviron Bayonnais.

En plus d’apprendre son métier de footballeur, il devient également bilingue. « Je l’ai rencontré en 2016 à Bilbao où nous avons pris un apéro avec lui. Ça faisait peut-être quatre ou cinq ans qu’il y était et j’ai été vachement impressionné parce qu’il parlait avec un petit accent espagnol. Son attachement pour l’Espagne n’est pas quelque chose de superficiel, il a navigué pendant près de 10 ans dans un univers très hispanisant », explique Johan Jourdan.

« C’est dur pour lui, il reste Français avant tout »

Il explose finalement de l’autre côté des Pyrénées avec un certain Marcelo Bielsa, qui le fait monter en équipe première, pour ne jamais le faire redescendre. Avant un transfert record pour un défenseur à l’été 2018 : direction Manchester City pour 65 millions d’euros. La suite est connue. Malgré un nouveau statut sous Pep Guardiola, et un wagon de sélections en Equipe de France jeune, de 2011 à 2016, parfois avec le brassard de capitaine, Aymeric Laporte ne s’impose pas chez les A.

Il n’est sélectionné qu’à trois reprises avec Didier Deschamps, pour aucune minute jouée. « Il a essayé, mais on a vu qu’il avait très peu de chances avec la sélection française. Luis Enrique a fait le forcing et la décision qu’il a pris est un nouveau choix de carrière. Mais c’est dur pour lui, il reste français avant tout, même s’il a un rapport particulier avec l’Espagne où il a beaucoup d’amis », rappelle Jean-Pierre Ménard. Pour la réussite que l’on connaît, même si sa petite boulette défensive contre la Suisse aurait pu tout changer dans les commentaires qui escortent un Euro globalement satisfaisant, avant la demi-finale contre l’Italie.