Accusés de racisme anti-asiatique, Dembélé et Griezmann sortent du silence et présentent leurs excuses

FOOTBALL Les deux compères du FC Barcelone sont au cœur d’une polémique après la publication d’une vidéo tournée par Ousmane Dembélé lors de la tournée asiatique d’été du Barça, au Japon, en 2019

A.L.G.
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Griezmann et Dembélé se défendent de tout racisme anti-asiatique après la publication d'une vidéo polémique sur les réseaux sociaux.
Griezmann et Dembélé se défendent de tout racisme anti-asiatique après la publication d'une vidéo polémique sur les réseaux sociaux. — FRANCK FIFE / AFP

Avocat, c’est un métier, Ousmane Dembélé risque bien vite de l’apprendre à ses dépens. Epinglé dans une vidéo déterrée des entrailles de Snapchat et publiée sur réseaux sociaux ces derniers jours, on y entend l’attaquant de l’équipe de France tenir des propos à connotations racistes à l’encontre de techniciens japonais venus régler un problème sur le téléviseur dans la chambre du joueur.

Dans cette séquence, filmée directement par le Barcelonais et sur laquelle apparaît un Antoine Griezmann hilare, Dembélé semble se marrer en écoutant les Japonais parler et agrémente tout cela de commentaires tels que « Toutes ces sales gueules… », « Putain la langue… C’est une catastrophe » « Vous êtes en avance ou vous êtes pas en avance dans votre pays ? ». Selon plusieurs médias asiatiques, dont le journal hongkongais South China Morning Post, cette scène aurait eu lieu lors de l’été 2019 pendant la tournée de pré-saison du FC Barcelone au Japon pour la Rakuten Cup, sponsor principal du club catalan.

« Je ne visais donc aucune communauté », se défend Dembélé

Le joueur de l’équipe de France, qui a quitté l’Euro prématurément à cause d’une blessure, est le premier à être sorti du silence lundi. « Bonjour à tous. Ces derniers temps, une vidéo privée datant de 2019 circulait sur les réseaux. Il se trouve que la scène se passe au Japon. Elle aurait pu se dérouler n’importe où sur la planète, j’aurais utilisé les mêmes expressions. Je ne visais donc aucune communauté. Il m’arrive d’utiliser ce genre d’expressions en privé, avec des amis, et ce peu importe leur origine. Cette vidéo est désormais publique. Je conçois donc qu’elle ait pu heurter les personnes présentes sur ces images. De ce fait, je leur présente mes plus sincères excuses », a ainsi écrit l’ancien Rennais sur son compte Instagram.

On a un peu de mal à comprendre en quoi le fait que le joueur explique qu’il aurait pu dire ça si la scène s’était déroulée « n’importe où sur la planète » le dédouane de quoi que ce soit. L’expression « Toutes ces sales gueules » restant insultante que l’on soit de Vladivostok, de Tombouctou ou de Rio de Janeiro. Quant au « putain la langue… C’est une catastrophe », cela se passe de commentaires. Bref, pas certain que ces explications et les excuses qui ont suivi permettent de faire passer la pilule comme par enchantement.

Dans la foulée du message de son coéquipier, Antoine Griezmann a tenu lui aussi à réagir, sur son compte Twitter. « Je me suis toujours engagé contre toute forme de discrimination. Depuis quelques jours certaines personnes veulent me faire passer pour l’homme que je ne suis pas. Je réfute avec fermeté les accusations qui me sont portées et je suis désolé si j’ai pu offenser mes amis japonais », a écrit le numéro 7 tricolore. Pour le moment, le FC Barcelone n’a pas officiellement réagi.