Equipe de France : Les Bleus se préparent pour les retrouvailles avec CR7

FOOTBALL De passage en conférence de presse, Lucas Digne a donné des pistes pour défendre sur le buteur portugais

William Pereira

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Fuir n'est pas une solution face à Cristiano, messieurs
Fuir n'est pas une solution face à Cristiano, messieurs — Armando Franca/AP/SIPA

De notre envoyé spécial à Budapest,

A mi-chemin entre l’après-match contre la Hongrie et l’avant-match contre le Portugal, les Bleus regardent de plus en plus en direction de ce qui les attend mercredi soir du côté de la Puskas Arena, forcément moins bruyante en mode terrain neutre. Ce n’est pas sans déplaire à Lucas Digne, passé ce lundi en conférence de presse, dont la voix déraillait comme la chaîne d’un vieux vélo. C’est qu’il fallait gueuler pour communiquer sur le terrain. « Après le match, j’avais mal à la gorge a force de crier », se marre le latéral d’Everton.

On espère quand même pour lui, dans le cas où Didier Deschamps le reconduirait à gauche face aux champions d’Europe, que les cordes vocales iront mieux, car si les ultras hongrois ne seront cette fois pas présents, le stade n’en demeurera pas plus vide. Et puis, il sera riche de la présence d’un homme qui fait toujours peur : Cristiano Ronaldo.

Pas deux comme Messi et Ronaldo

Ok, le multiple Ballon d’Or n’a jamais marqué contre les Bleus, mais les pessimistes comme nous remarqueront qu’il en était de même avant le match contre la Mannschaft samedi et que ça ne l’a pas empêché d’ouvrir le score. Mais il est évidemment hors de question de prendre de haut un mec capable de sauter à 12m50 du sol. Antoine Griezmann ne tarissait pas d’éloges, dimanche : « Cristiano est une source d’inspiration pour tout le monde ».

« C’est extraordinaire ce qu’il fait à 36 ans. Lui et Leo [Messi], il n’y aura personne comme eux. Cristiano est toujours aussi dominant, c’est un buteur complet, il marque du gauche, du droit, de la tête, c’est un exemple. »

Ok, tout ça, c’est très bien mais du coup, comment on fait pour arrêter ce cyborg ? « Quand on est défenseur, c’est l’affaire de tous de gérer un joueur comme ça parce qu’il bouge énormément sur la ligne d’attaque, analyse Digne. A nous derrière de bien communiquer et ne pas lui laisser trop d’espaces. » On ne veut pas trop porter la poisse à l’ami Lucas, mais on rappellera que son homonyme Hernandez avait été assez incroyable dans le rôle de garde du corps de CR7 en Ligue des Nations. Didier Deschamps ne l’a sûrement pas oublié, même si le joueur du Bayern connaît de légers soucis physiques ces derniers temps.

Les Bleus visent la première place, pas les calculs

De toute façon, il s’en cogne, l’ancien Parisien. Sa stratégie au sein du groupe bleu pendant cet Euro est très simple : se donner à fond pour faire jouer la concurrence. Pour le reste, il s’en remet à l’impartialité du sélectionneur, qui n’a pas établi de hiérarchie officielle à ce poste. Digne, toujours ; « il prend ses décisions la veille du match et met son équipe en place. Après, c’est aux joueurs de tout donner aux entraînements pour espérer avoir du temps de jeu. A aucun moment, je ne me pose la question de si le coach va me mettre ou pas me mettre. Je me prépare au mieux et j’essaye de donner des casses têtes à tout le monde. »

En parlant de casse-tête, le latéral gauche jure que, contrairement aux journalistes et supporters qui s’amusent à imaginer chaque scénario possible et imaginable armés de leur calculatrice scientifique ressorti du carton « lycée » abandonné à la cave, les Bleus n’en sont pas à jouer à Des Chiffres et des Lettres dans le vestiaire de leur camp de base hongrois. « On ne s’est pas encore projetés sur où on peut jouer ou sur qui on va tomber, parce que c’est un peu flou. Après, je ne pense pas que ça changera quoi que ce soit d’être assurés d’être meilleurs troisième avant le match. On va essayer de bien finir et chercher cette première place. »