Stade Rennais-PSG : Dix tirs cadrés, Navas en feu, un penalty contesté… Genesio et ses minots auraient dû battre Paris

FOOTBALL Privés de Camavinga et Nzonzi, les Rennais ont livré une grosse prestation mais concèdent le match nul face à Paris

Camille Allain

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Dimanche, Bruno Gensio avait fait confiance au jeune produit du centre de formation rennais Lesley Ugochukwu pour contrôler la star brésilienne du PSG Neymar.
Dimanche, Bruno Gensio avait fait confiance au jeune produit du centre de formation rennais Lesley Ugochukwu pour contrôler la star brésilienne du PSG Neymar. — David Vincent/AP/SIPA
  • Dimanche soir, le Stade Rennais a tenu la dragée haute au PSG mais a concédé le nul (1-1) malgré de nettes occasions en fin de match.
  • Les hommes de Bruno Genesio ont cadré dix frappes et souvent buté sur un très bon Keylor Navas.
  • Critiquant l’arbitrage, les Rennais ont grappillé un point sur Marseille et Lens dans la course à l’Europe.

Au Roazhon Park.

S’ils n’accrochent pas l’Europe en fin de saison, les Rennais repenseront sans doute à Keylor Navas. Dimanche soir, dans l’affiche de cette 36e journée de Ligue 1, les Rennais ont vu le portier du PSG repousser toutes leurs munitions, hormis la tête de Guirassy pour l’égalisation. Les Bretons ont d’abord subi, concédant l’ouverture du score sur un penalty de Neymar, avant de prendre l’ascendant sur le champion de France, dont le titre semble s’être envolé dimanche dans la douceur d’une nuit bretonne. Tenus en échec par Paris (1-1), les Rennais avaient pourtant mis les ingrédients pour empocher les trois points et se rapprocher de leur objectif d’accrocher l’Europe. Dominateurs en fin de match, les minots de Bruno Genesio oscillaient entre fierté et regret. On les comprend.

Un record de frappes cadrées

Dimanche soir, les Rennais ont cadré dix des 19 frappes qu’ils ont tentées. D’après Opta, aucune équipe n’avait réussi à atteindre ce nombre face au PSG depuis le début de ses analyses en 2006-2007. Cette performance, les Bretons la doivent beaucoup à Jérémy Doku et à Flavien Tait, excellents dimanche et qui ont souvent mis à contribution le portier parisien. Toujours aussi irréprochable dans son but, Keylor Navas a pu faire admirer son talent par quelques horizontales dont il a le secret. Pour le battre, Serhou Guirassy a dû placer sa tête sur le poteau, qui s’est chargé de catapulter le ballon dans la cage du portier costaricain. « Nous sommes tombés face à un grand gardien qui a fait des arrêts extraordinaires », reconnaissait Bruno Genesio après la rencontre.

En face, c’est Mauricio Pochettino himself qui a salué la prestation des Rennais. « Rennes est une très belle équipe. Au-delà des attitudes ou qualités, on n’a pas été meilleurs qu’eux, on n’a pas mérité les trois points », estimait le coach parisien.

Un coaching terriblement osé

A 17 ans, le minot n’avait joué que quelques minutes quand Rennes avait giflé Dijon. Dimanche soir, Lesley Ugochukwu a été titularisé par Bruno Genesio en l’absence de Camavinga et Nzonzi, suspendus, pour l’un des matchs phares de la saison rennaise. Preuve de la confiance du club breton pour son excellent centre de formation. Du haut de son mètre 88, il a dû affronter la technique et la roublardise d’un Neymar qu’il a parfaitement maîtrisé. Auteur d’une excellente partie jusqu’à sa sortie à la 60e, Ugochukwu n’avait même pas son nom floqué au-dessus de son maillot numéro 33. Ce n’est pas le seul coup de Pep Genesio. Au cœur d’une seconde période indécise, l’ancien coach de l’OL a fait sortir un Terrier transparent pour offrir ses premières minutes en pros à Andy Diouf. Osé.

Un arbitrage contestable

Déjà en pétard après l’exclusion sévère de Steven Nzonzi à Bordeaux la semaine passée, les Rennais ont de nouveau été lésés par l’arbitrage dimanche soir. D’abord quand la faute dans le dos de Danilo, en position de dernier défenseur, sur Guirassy, n’a pas été signalée. Puis quelques minutes plus tard, quand un penalty contestable a été accordé aux Parisiens pour une faute d’Aguerd sur Kurzawa. «Si on ne peut plus essayer de contrer l'attaquant qui va tirer c'est compliqué de défendre», estimait Damien Da Silva à la mi-temps au micro de Canal+. « Il y a deux décisions qui ne nous sont pas favorables, donc oui, ça a pesé. Mais je pense surtout qu’on a manqué de maturité. On avait l’occasion de relancer très vite et l’arbitre aurait sifflé la mi-temps (sans aller voir la VAR). Dans le vestiaire, je me suis mis un peu en colère. Même si ce penalty est sévère, je pense qu’on aurait dû relancer très vite. Cette équipe est jeune, elle doit grandir », estimait l’entraîneur. En fin de match, c’est pourtant l’expérimenté Kimpembe qui dégoupillait et écopait d’un rouge pour un violent tacle sur Doku.

Un point c’est bien, mais…

A deux journées de la fin du championnat, le Stade Rennais accuse un point de retard sur Marseille, cinquième, et Lens, sixième mais affiche une meilleure différence de buts. Ce point du nul glané face à Paris laisse quelques regrets aux Rennais, qui iront à Monaco le week-end prochain, avant de recevoir Nîmes. « Un point c’est déjà bien. On gagne un point sur eux (l’OM et Lens). On va tout faire entre nous, sans trop regarder les autres », promet le buteur du soir Serhou Guirassy.

Samedi, le président rennais Nicolas Holveck a fait savoir que la qualification européenne conditionnerait l’avenir de plusieurs joueurs, dont celui d’Eduardo Camavinga. A voir la joie en tribunes du gamin sur le but rennais, on aime à croire qu’il se verrait bien rester. La réponse ne devrait plus tarder.