Coupe d'Europe de rugby : « Je ne vais pas chouiner »… Pas gâtée par le sort, l’UBB garde la tête haute

RUGBY L’Union Bordeaux-Bègles a chuté à Toulouse lors d’une demi-finale de Champions Cup à la préparation perturbée par le Covid. Elle doit désormais vite basculer sur le championnat

Nicolas Stival

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Maxime Lucu et les Bordelo-Béglais ont du boulot pour ne pas terminer bredouilles une nouvelle saison.
Maxime Lucu et les Bordelo-Béglais ont du boulot pour ne pas terminer bredouilles une nouvelle saison. — Lionel Bonaventure / AFP
  • Après trois semaines sans match et une préparation très perturbée par le Covid, l’UBB s’est inclinée samedi à Toulouse, en demi-finale de la Champions Cup (21-9).
  • L'équipe de Christophe Urios doit désormais cravacher pour espérer accrocher le wagon des qualifiés en Top 14.

Non, elle n’a pas pris une rouste, comme le lui promettaient certains observateurs. Mais oui, l’Union Bordeaux-Bègles a perdu samedi au Stade Toulousain une demi-finale de Champions Cup qu’elle ne pouvait sans doute pas gagner (21-9). « Je ne vais pas chouiner ou pleurer, je ne fais pas partie de cette caste-là », a lâché après coup le manager Christophe Urios.

Le volubile patron sportif de l’UBB a même confié « un sentiment de fierté » malgré la frustration, pour évoquer la première rencontre de ses joueurs depuis trois semaines, en raison de l’épidémie de Covid-19 qui a provoqué la mise en sommeil des entraînements collectifs.

« Le souffle un peu court »

« Par moments, on a aussi peut-être eu le souffle un peu court, avec six mecs qui ont eu le Covid sur la feuille [de match] », observe Jefferson Poirot, habituel capitaine mais sur le banc à Ernest-Wallon après avoir lui-même été touché par le coronavirus. L’ex-pilier international ne veut pourtant pas se servir de l’épidémie pour excuser un revers chez des Toulousains qui tournent comme des machines. « Je ne peux pas vous dire qu’on aurait fait un autre match si on avait eu deux semaines de préparation complètes. »

Comme il faut bien trouver du positif autrement qu’avec des tests PCR, on écoute de nouveau Urios. « Nous sommes une jeune équipe et un jeune club. L’an dernier nous avons découvert la phase finale de Challenge Cup [défaite en demi-finale contre Bristol], cette fois celle de la Champions Cup. Il faut que ça serve d’expérience. » Et très vite, car l’UBB a du boulot en championnat. « Notre ambition ne change pas : faire partie du Top 6 », assène le technicien. Ce qui serait une première là aussi pour le club, après l’épilogue frustrant de la saison dernière, lorsque l’UBB marchait sur un championnat prématurément arrêté pour cause de pandémie.

Trois matchs en une semaine

Avec trois points de retard et deux matchs de moins que Lyon, actuel sixième, les coéquipiers de Mathieu Jalibert ne doivent plus musarder. « Il reste six rencontres, il faut vite basculer », souligne Urios conscient de la semaine décisive du 8 au 15 mai, ponctuée de trois matchs : deux déplacements à Bayonne et Agen puis réception de Castres… La route est longue vers un premier titre, surtout lorsque le Covid vient régulièrement brouiller les plans.