Champions Cup : Toulouse lance la « guerre des étoiles » en visant le record de cinq titres

RUGBY Grâce à son succès contre Bordeaux-Bègles samedi, le Stade Toulousain disputera sa septième finale de Coupe d’Europe le 22 mai à Twickenham

Nicolas Stival
L'essai d'Antoine Dupont face à l'UBB a assuré la victoire du Stade Toulousain, qualifié pour la finale de la Champions Cup.
L'essai d'Antoine Dupont face à l'UBB a assuré la victoire du Stade Toulousain, qualifié pour la finale de la Champions Cup. — Lionel Bonaventure / AFP
  • Vainqueur de l’UBB samedi (21-9), le Stade Toulousain saura ce dimanche qui de La Rochelle ou du Leinster sera son adversaire en finale de la Champions Cup, le 22 mai à Twickenham.
  • Un match face à la province irlandaise départagerait les deux équipes les plus titrées d’Europe, avec quatre sacres chacune.

Entre en-avants facilités par un ciel capricieux et parties de ping-pong rugby, le Stade Toulousain – Union Bordeaux-Bègles de samedi n’entrera pas dans la légende de ce jeu. Mais les Stadistes s’en moquent bien. Le succès (21-9) leur ouvre en grand les portes d’une finale de Champions Cup, le 22 mai à Twickenham, devant a priori 10.000 spectateurs. Presque une multitude en ces temps de Covid et d’enceintes sportives vides.

« Quel plus beau stade pour une finale ? s’enflamme Ugo Mola, qui avait perdu les deux dernières demi-finales européennes, au Leinster (30-12) puis à Exeter (28-18). A choisir, j’aurais hésité entre Twickenham et le Millenium de Cardiff. Ce sera probablement un match en terre un peu hostile. Il n’y aura sans doute pas 5.000 Toulousains. » Non, à moins d’un invraisemblable assouplissement de la législation britannique.

Médard, le rescapé

Le patron sportif stadiste sort les stats au moment d’évoquer ce rendez-vous attendu par tout un club depuis onze ans. « C’est la septième finale du Stade Toulousain [succès en 1996, 2003, 2005 et 2010 ; défaites en 2004 et 2008], c’est un record, mais un record n’est chouette que si tu le matérialises par une cinquième étoile. » Puis Mola se mue un instant en George Lucas en annonçant : « La guerre des étoiles est lancée ! » Aura-t-elle lieu contre d’inédits Rochelais ou face aux Irlandais du Leinster, avides eux aussi de s’asseoir seuls sur le toit du continent avec un cinquième sacre ? Réponse ce dimanche, à l’issue de l’autre demie.

Mais pour Maxime Médard, peu importe. Le Yoda des lignes arrière stadistes, du haut de ses 34 ans, est le seul rescapé de la dernière finale européenne encore sur le terrain (Bouilhou et Poitrenaud sont désormais entraîneurs). C’était donc en 2010 et contre Biarritz, aujourd’hui en Pro D2. C’est dire si de l’eau a coulé sous le Pont-Neuf depuis…

« Quand tu gagnes au tout début, tu te dis, c’est super, on va gagner tout le temps, sourit l’arrière stadiste, qui disputait face à l’UBB son 350e match pro dans son club de toujours. Et puis quand dix ans après, t’as pas gagné… Si on l’emporte, je vais bien le savourer. » Les supporteurs stadistes aussi, même si pour l’heure ils doivent se contenter, comme certains ce samedi, de venir saluer leurs joueurs avant que le car n'entre dans Ernest-Wallon.


Peut-être les plus chanceux pourront-ils revenir aux Sept-Deniers avant la fin d’une saison qui pourrait s’étirer tant Toulouse, par ailleurs leader du Top 14, a une bonne gueule de candidat au doublé.