Challenge européen : Un lot de consolation comme bouffée d’oxygène pour Montpellier

RUGBY Le MHR dispute samedi soir à Bath la demi-finale de la petite Coupe d’Europe, devenue un objectif par défaut après une saison domestique très poussive

Jérôme Diesnis

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Après une saison morose, le MHR va tenter de renverser Bath et se qualifier pour le finale du challenge européen.
Après une saison morose, le MHR va tenter de renverser Bath et se qualifier pour le finale du challenge européen. — Alain Coudert/sportsvisio/SIPA
  • A Bath ce samedi (à 21h sur France 4 et BeIN Sports), Montpellier dispute la demi-finale du Challenge européen, cinq ans après avoir triomphé dans l’épreuve. Cette compétition, qui sert souvent en phase de poules à faire jouer les joueurs en manque de temps de jeu, est devenue un objectif pour le club.
  • Une qualification en finale serait une éclaircie dans une saison morose, marquée par des séries de revers et le départ de l’entraîneur, Xavier Garbajosa, au cœur de l’hiver.
  • Montpellier a néanmoins enchaîné six victoires en sept matchs et va beaucoup mieux. Même si les deux matchs reportés en Top 14 font encore régner le flou sur son avenir dans l’élite.

« C’est un peu frustrant de ne pas jouer », reconnaît Benoît Paillaugue. Trois semaines après avoir foulé les terrains pour la dernière fois, Montpellier retrouve la compétition. Directement dans le vif du sujet, contre Bath, club du sud-ouest de l’Angleterre, en demi-finale du Challenge Cup, la petite Coupe d’Europe de rugby. Sa dernière apparition sur une pelouse remonte au quart de finale de cette même compétition, contre les Italiens de Trévise (31-25). Depuis, le Covid-19 est passé par là et ses matchs de championnat contre Toulon et Bègles-Bordeaux ont été reportés.

« On a hâte d’y être, regoûter au combat, aux premiers contacts… », souligne Guilhem Guirado. Pour le talonneur international (74 sélections) et ses partenaires, cette coupure imposée est arrivée à un bien mauvais moment. Le MHR n’est plus ce moribond qui alignait les revers au cœur de l’hiver, loin, très loin des ambitions de titre affichées par son président, Mohed Altrad.

Rallumer la flamme

La crise sportive qui a secoué le club a entraîné la chute de Xavier Garbajosa début janvier et l’arrivée de Philippe Saint-André en pompier de service pour éteindre le feu. Et rallumer la flamme. Avec six victoires sur les sept derniers matchs toutes compétitions confondues, l’opération sauvetage est en cours. Même si sa position en Top 14 (douzième, quatre points devant le barragiste Pau) est encore précaire avec ces matchs en retard qui obstruent sa vision d’avenir. « L’ambiance est au beau fixe et à la différence des dernières fois, on est sur une bonne dynamique, reprend Benoît Paillaugue. Les deux matchs reportés n’ont pas énormément perturbé le groupe ».

La petite Coupe d’Europe est rarement un objectif prioritaire des clubs français. Montpellier, comme son adversaire du jour (qui lui a aussi soulevé la grande Coupe d’Europe), l’a déjà soulevé une fois, en 2016. A défaut d’avoir répondu à la boulimie de Mohed Altrad et raflé d’autres trophées, il se contentera de ce lot de consolation, qui pourrait un peu atténuer l’amertume d’une saison bien poussive. Et tant pis si les rendez-vous vont s’enchaîner d’ici à la fin mai et contraindre le MHR à jouer sur deux tableaux. « Si on peut aller en finale, ce sera le meilleur des casse-tête à gérer », prévient l’entraîneur des avants, Olivier Azam. Dans cette saison où le MHR a parfois touché le fond, retrouver Leicester, le 21 mai en finale à Twickenham, serait déjà une sacrée bouffée d’oxygène…