Argentine : Diego Maradona a été « abandonné à son sort » avant une lente agonie, selon un rapport médical

FOOTBALL Le rapport d’experts publié vendredi éreinte l’équipe soignante qui entourait la légende argentine avant sa mort, le 25 novembre 2020

20 Minutes avec AFP

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Diego Maradona le 7 mars 2020 à la Bombonera, le stade de Boca Juniors à Buenos Aires.
Diego Maradona le 7 mars 2020 à la Bombonera, le stade de Boca Juniors à Buenos Aires. — Alejandro Pagni / AFP

Attendu par tout un pays, le rapport d’experts sur la mort de Diego Maradona, le 25 novembre 2020, a été publié ce vendredi. Et il est extrêmement sévère à l’égard du personnel soignant qui entourait la légende du football argentin à la fin de sa vie, achevée seul à 60 ans, dans sa résidence de Tigre, au nord de Buenos Aires.

Dans un document de 70 pages, la commission médicale chargée d’enquêter, à la demande de la justice, sur les dernières heures du Pibe del Oro, a déterminé que Maradona, victime d’un problème cardiaque, « a commencé à mourir au moins 12 heures avant » d’être retrouvé sans vie et a enduré une « période d’agonie prolongée ».

Des « signes de danger de mort » « ignorés »

« L’équipe médicale traitante a pleinement et complètement envisagé la possibilité de l’issue fatale du patient, mais est restée absolument indifférente à cette question, et n’a pas changé son comportement et son approche médicale », accuse la même source, selon laquelle le champion du monde 1986 a été « abandonné à son sort ». Le rapport indique encore que « les signes de danger de mort qu’il présentait ont été ignorés » et que les soins infirmiers prodigués sont « entachés de déficiences et d’irrégularités ».

Les déclarations de deux des cinq filles de l’ex-capitaine de l’équipe argentine, Gianinna (31 ans) et Jana (24 ans), qui pointaient le neurochirurgien Leopoldo Luque comme responsable de la détérioration de l’état de santé de leur père, avaient déclenché la procédure judiciaire, à l’origine de l’enquête.

La commission médicale de 20 experts, dont les médecins légistes qui ont pratiqué l’autopsie et des spécialistes de diverses disciplines médicales, conclut que l’ancien champion du monde « aurait eu de meilleures chances de survie » s’il avait été hospitalisé dans un centre de soins approprié et polyvalent. « Compte tenu du tableau clinique, clinico-psychiatrique et du mauvais état général, il aurait dû poursuivre sa rééducation et son traitement interdisciplinaire dans une institution appropriée », insiste le document.

Des facultés mentales altérées

Les experts ont indiqué que Diego Maradona « n’était pas en plein usage de ses facultés mentales, ni en mesure de prendre des décisions concernant sa santé » après son opération pour un hématome à la tête début novembre. Selon son médecin personnel, Leopoldo Luque, l’ex-joueur de Boca Juniors, Barcelone et Naples avait insisté pour quitter le milieu hospitalier et avait refusé d’être conduit dans un autre centre de soins.

Sept personnes ont été mises en examen par le procureur de la République de San Isidro, dans la banlieue de Buenos Aires, en charge de l’enquête : le neurochirurgien Leopoldo Luque, la psychiatre Agustina Cosachov, un psychologue, deux infirmiers (un homme et une femme) qui étaient au chevet de Diego Maradona, ainsi que le superviseur de ces infirmiers et un médecin coordinateur de l’hospitalisation à domicile. En Argentine, les peines pour abandon par négligence ou homicide involontaire vont de cinq à quinze années de prison.

Une procédure judiciaire distincte est également en cours concernant l’héritage du joueur disputé entre ses cinq enfants, ses frères et son dernier représentant légal, Matias Morla.