OL-Losc : Comment le « roi » Burak Yilmaz a-t-il changé le destin de la fin de saison lilloise à Lyon ?
FOOTBALL•L’attaquant turc de 35 ans a été le grand bonhomme de la victoire lilloise, dimanche au Parc OL (2-3), en signant un doublé et une passe décisiveJérémy Laugier
L'essentiel
- Avec 12 buts et 5 passes décisives en Ligue 1, l’attaquant lillois Burak Yilmaz fait partie des plus féroces attaquants du championnat de France.
- Celui-ci est pourtant un attaquant méconnu du grand public, âgé de 35 ans et arrivé libre à Lille, pour sa première expérience dans un des cinq plus grands championnats européens.
- En expédiant avant la mi-temps un coup franc d’anthologie hors de portée d’Anthony Lopes, le « roi » Burak a permis à toute son équipe de croire à nouveau la victoire possible, dimanche à Lyon.
Au Parc OL,
Un poing rageur et un cri perçant le huis clos du Parc OL ont-ils tout changé au choc de Ligue 1 de dimanche soir ? La question mérite d’être posée tant le télescopage Botman-Maignan ayant entraîné le but contre son camp de Fonte (2-0, 34e) semblait avoir définitivement ruiné les ambitions du leader lillois. Mais s’il y a bien un joueur qui ne lâchera pas l’affaire un instant d’ici au 23 mai, c’est Burak Yilmaz. Tombé du ciel, son imparable coup franc des 25 m, dans les arrêts de jeu de la première période, permettait seulement au Losc de réduire l’écart (2-1, 45e). Mais au vu de sa célébration XXL, on pouvait penser qu’il s’agissait d’un buzzer beater dans un Vodafone Park incandescent.
En exhortant toute son équipe par sa fougue, au moment de rentrer aux vestiaires menés, le « roi » Burak (son surnom en Turquie) a obtenu l’effet escompté : persuader les siens que l’avantage psychologique avait d’un coup basculé dans le camp lillois. « Burak fait partie des joueurs qui ont gagné des titres, rappelle Christophe Galtier, qui dirige un jeune effectif à Lille. Il est passé par les grands clubs en Turquie [Fenerbahçe, Galatasaray et Besiktas]. On le voit tous dans sa préparation, il est focus sur la compétition. Il a été une des locomotives de ce match. »
Un danger permanent sur la défense lyonnaise
Et évidemment pas que de ce match, tant l’attaquant turc de 35 ans, arrivé libre dans la peau d’un second couteau avant cette saison, répond parfaitement aux attentes de son coach, avec 12 buts et 5 passes décisives combinés en Ligue 1, malgré deux mois d’absence en raison d’une blessure au mollet. Outre son coup franc, Burak Yilmaz a laissé planer un danger permanent durant toute la rencontre sur la défense lyonnaise, surtout au vu de la pointe de vitesse de Marcelo.
Tout heureux de récupérer une offrande quasi-inexplicable de Lucas Paqueta, l’international turc a permis aux siens de revenir totalement dans la partie en décalant Jonathan David (2-2, 59e), avant de boucler la remontée nordiste d’une folle course conclue par un piqué clinique devant Anthony Lopes (2-3, 84e).
« Ces matchs-là, ils sont pour les grands joueurs comme lui »
« Avant le coup d’envoi, je lui ai dit que ce genre de matchs-là, ils sont pour les grands joueurs comme lui, raconte le capitaine lillois José Fonte. Il m’a dit "ok, tu peux compter sur moi". Burak a répondu présent et c’est ce dont on a besoin. » Le défenseur portugais aurait été inspiré de lui glisser à l’oreille de ne pas s’enflammer dans ses puissantes célébrations en enlevant son maillot. Car mine de rien, le carton jaune récolté par le natif d’Antalya, qui avait aussi martyrisé les Pays-Bas de Memphis Depay avec un triplé il y a un mois (4-2), pourrait être lourd de conséquences.
Burak Yilmaz devrait ainsi logiquement être suspendu pour le derby à Lens le 7 mai, soit le probable match le plus délicat à gérer dans la quête de ce sacre inattendu en Ligue 1. Un contretemps qui n’a évidemment pas freiné l’enthousiasme de tous les joueurs lillois dans le vestiaire, qui se sont mis à hurler son nom en tapant sur les tables comme des fous furieux. Car Burak Yilmaz transmet incontestablement une âme de guerrier, aussi rare que précieuse chez les attaquants, à cette équipe encore inexpérimentée, comme lorsqu’il a fallu étouffer totalement l’OL en seconde période.
« C’était sûr qu’un joueur comme lui allait marquer »
Christophe Galtier rappelle justement que le « roi » Burak forme « la colonne vertébrale » de son groupe, aux côtés de Mike Maignan, José Fonte et Benjamin André. Ce quatuor a quand même de la gueule, non ? Même les Lyonnais y sont allés de leur réaction sur l’homme du match. Notons le bel hommage de Claude Fichaux, adjoint de Rudi Garcia (suspendu dimanche), qui croyait l’avoir déjà rencontré en Coupe d'Europe avec le Losc (alors que non en fait) : « Ce n’est quand même pas un lapin de 15 jours, ça fait 15 ans qu’il joue à ce niveau-là ». Ce qui est certain, c’est que le Losc aimerait profiter encore 15 piges de son Benjamin Button du Bosphore.
Marcelo, qui l’a lui bien affronté dans le championnat turc, en 2015-2016, confie : « C’est un joueur que je connais très bien. On lui a donné une opportunité et c’était sûr qu’un joueur comme lui allait marquer ». A croire qu’en une soirée de folie à Lyon, Burak Yilmaz est devenu dans l’esprit de ses adversaires le nouveau Juninho de la Ligue 1. Vive le roi !


















