Champions Cup : Pourquoi le Stade Toulousain se fait des cheveux blancs avant d’aller au Munster

RUGBY En déplacement samedi chez une province irlandaise qui ne lui réussit pas, le Stade Toulousain est confronté à pas mal d’incertitudes

Nicolas Stival

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Le talonneur du Stade Toulousain Julien Marchand à Thomond Park, lors de la défaite sur la pelouse du Munster en quart de finale de la Coupe d'Europe, le 1er avril 2017.
Le talonneur du Stade Toulousain Julien Marchand à Thomond Park, lors de la défaite sur la pelouse du Munster en quart de finale de la Coupe d'Europe, le 1er avril 2017. — Paul Faith / AFP
  • Le Stade Toulousain se déplace ce samedi chez les Irlandais du Munster, en huitièmes de finale de la Champions Cup.
  • Ses deux précédents déplacements européens à Limerick s’étaient soldés par de lourdes défaites.
  • Entre forme douteuse, blessures nombreuses et forme incertaine de ses internationaux, l’équipe d’Ugo Mola n’aborde pas ce rendez-vous en position de force.

C’est Ugo Mola qui l’assure : « Il y a peu d’endroits où j’ai vécu de telles émotions. » Le patron sportif du Stade Toulousain ne parle pas du Space Mountain de Disneyland Paris, mais bien de Thomond Park, l’arène du Munster, à Limerick. Hors pandémie, cette « Bombonera » à la mode irlandaise abrite les quelque 26.000 supporteurs incandescents de la « Red Army ». Rien de tout cela forcément ce samedi, lors du huitième de finale de Champions Cup.

Cette ambiance abbatiale n’empêchera pas les locaux de partir favoris, face à un leader du Top 14 très court des pattes arrière (forfaits d’Huget, Guitoune, Ramos, Tauzin, Mallia, Bonneval et Fouyssac) et qui sort d’une prestation cataclysmique contre Montpellier, samedi dernier à Ernest-Wallon (16-29). « Le Munster a joué une finale [du Pro 14, perdue face au Leinster, 16-6] alors qu’on a disputé un pauvre match de doublon », constate Mola.

Justement, les Rouge et Noir récupèrent leurs Bleus après le marathon covidé du Tournoi des VI Nations, certains a priori plus frais (Ntamack, Aldegheri) que d’autres, très sollicités (Marchand, Ntamack, Dupont). Pas du luxe avant une affiche qui avait vu les Toulousains largement battus en 2014 (47-23) puis en 2017 (41-16), chaque fois en quart de finale de Coupe d’Europe.

Les maîtres du sol

« On a tous des souvenirs de matchs face au Munster pas forcément heureux pour les Toulousains », euphémise Antoine Dupont, qui avait 11 ans lorsque la bande à Fabien Pelous avait été étouffée en finale, à Cardiff en 2008 (13-16). « On a l’impression qu’ils ne font rien d’exceptionnel, mais ils font tout bien », remarque joliment le demi de mêlée stadiste. Une observation valable dans le jeu au sol, où les terribles CJ Stander et Tadhg Beirne imposent leur loi, alors que Toulouse a souffert dans ce secteur face au MHR.

Mais le Munster ne peut se résumer au combat dans les rucks, comme l’ajoute Julien Marchand. « Devant comme derrière, c’est une super équipe, souligne le talonneur et capitaine stadiste. Ils arrivent à sortir proprement de leur camp. Ils ont aussi une très grosse conquête, en touche et surtout en mêlée. » Et chez les lignes arrière, ce n’est pas mal non plus, avec par exemple l’inaltérable ailier Keith Earls (33 ans, 93 sélections), auteur d’un essai mémorable face à l’Angleterre avec l’Irlande lors du dernier Tournoi des VI Nations.

En résumé : ce n’est pas gagné pour Toulouse qui, en cas d’exploit, enchaînerait dès le week-end suivant avec un quart de finale chez le vainqueur de Wasps-Clermont. La route vers un cinquième titre européen, attendu depuis 2010, est semée d’embûches.