Julien Lizeroux: «Fier de mon parcours»

SKI Le Français, médaillé d'argent en slalom, revient sur sa course de dimanche et ses Mondiaux...

Recueilli par Romain Scotto, à Val d'Isère

— 

Le skieur français Julien Lizeroux, médaillé d'argent en slalom aux championnats du monde de Val d'isère, le 15 février 2009.
Le skieur français Julien Lizeroux, médaillé d'argent en slalom aux championnats du monde de Val d'isère, le 15 février 2009. — D.Balibouse/REUTERS

Son sourire restera l'une des images fortes des championnats du monde. Tout comme sa capacité à ne pas craquer dans les deuxièmes manches. Médaillé d'argent du slalom, dimanche, après avoir pris la deuxième place du super-combiné, le skieur de La Plagne n'est pas prêt d'oublier ces Mondiaux...

Vous aviez déjà gagné une médaille avant le slalom. Cela vous a-t-il aidé à vous libérer?

Pour moi, c'était pareil. J'ai pris beaucoup de risques dans la deuxième manche. Je me suis battu contre moi-même et contre le chrono. Ma grande force est de ne jamais abdiquer. Ce qui compte, c'est l'esprit. C'est de croire en qu'on fait.

Pensez-vous que la victoire était à votre portée?

Je pars du principe que la victoire est toujours à ma portée. Mais aujourd'hui, je suis quand même fier de mon parcours. Deux médailles en deux courses, c'est un bilan très positif. J'ai mis une stratégie en place et je n'ai pas dévié. Maintenant que ça marche, je ne vais pas changer.

Vous avez l'air d'intérioriser...

Je ne sais pas, je ne me maîtrise pas pourtant. Je ressens juste un sentiment de plénitude et d'apaisement. Sur le coup, je saute de joie dans l'aire d'arrivée, parce qu'il y a plein de monde que je connais. Mais après, j'ai juste envie d'en profiter.

En voyant plusieurs coureurs tomber avant de vous élancer, vous n'avez pas cogité?

En fait quand je suis allé au départ et que j'ai fait mon échauffement, je n'ai pas vu les autres tomber. Je ne les ai pas regardés. J'ai juste vu Ted (Ligety), parce qu'il était sur le côté. Mais sinon, je me concentre sur moi. On s'était donné une consigne avec Jacques (Théolier, son entraîneur): «enlève les bras et reste calme».

Qu'avez-vous ressenti quand Jean-Claude Killy vous a remis votre médaille?

J'ai rencontré Jean-Claude longuement l'été dernier. On a noué une relation. C'est plutôt sympa. C'est un très grand champion, un très grand monsieur. J'étais très fier que ce soit lui qui me remette la médaille.

Comment allez-vous aider Jean-Baptiste Grange à surmonter son échec?

C'est sûr que moi je pars d'ici heureux et lui triste. Mais l'apanage des grandes équipes, c'est de se souder dans les moments difficiles. Dans les jours à venir, il a besoin de moi. On a un objectif tous les deux, c'est qu'il nous ramène le globe de cristal en fin de saison. Et on va tout mettre en oeuvre pour ça.

Quelle image retenez-vous de ces championnats du monde?

Quand j'arrive dans le portillon de la deuxième manche et que je vois une marée humaine en bas. La deuxième image, c'est quand je franchis la ligne et que je vois que j'ai plus d'une seconde d'avance. C'est un grand moment de soulagement.