Stade Toulousain : « On croit en lui »… Derrière l’indispensable Antoine Dupont, Baptiste Germain fait son trou

RUGBY Débarqué de l’Union Bordeaux-Bègles l’été dernier, le jeune demi de mêlée Baptiste Germain se révèle après des débuts compliqués avec le Stade Toulousain

Nicolas Stival

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Baptiste Germain contre Agen, le 28 novembre 2020.
Baptiste Germain contre Agen, le 28 novembre 2020. — Lionel Bonaventure / AFP
  • Au Stade Toulousain, le patron au poste de numéro 9 s’appelle Antoine Dupont.
  • Derrière l’international, souvent retenu par le XV de France, Baptiste Germain émerge enfin aux dépens d’Alexi Balès et Théo Idjellidaine.
  • Le demi de mêlée de 20 ans aura l’occasion d’enchaîner ce samedi contre Montpellier, en Top 14.

Un départ houleux de l’Union Bordeaux-Bègles, puis le Covid-19 et des apparitions sporadiques. Les premiers mois de Baptiste Germain au Stade Toulousain sont à peu près été aussi riants que l’atmosphère planétaire depuis un an. Et puis, au cœur de l’hiver, la machine s’est lancée. Depuis février, le jeune demi de mêlée de 20 ans a enquillé quatre rencontres de Top 14.

Auteur d’une entrée culottée et très remarquée lors du succès à La Rochelle (11-14), Germain sera de nouveau sollicité samedi face à Montpellier. « C’est un gamin qui est venu glaner une reconnaissance qu’il n’avait pas forcément à Bordeaux, commente Ugo Mola, patron sportif du leader du championnat. On croit en lui. Il mérite de grignoter de plus en plus de temps de jeu. »

Trois hommes pour une place de doublure

« Il y a beaucoup de concurrence mais aujourd’hui, c’est moi qui y suis, tant mieux », sourit le Girondin, qui a touché son premier ballon de rugby à Saint-André-de-Cubzac, en marge de la Coupe du monde 2007. Plus spontané que le classique Alexi Balès (30 ans), Germain se tire aussi la bourre avec Théo Idjellidaine, son cadet de quatre mois.

Mais quand on porte le numéro neuf chez les Rouge et Noir, on est forcément dans l’ombre d’un certain Antoine Dupont. « Je suis venu à Toulouse en faisant ce pari, car Antoine rejoint souvent l’équipe de France. C’est toujours enrichissant d’être derrière l’un des meilleurs, voire le meilleur demi de mêlée du monde. »

Au Stade, qui dit doublon, comme ce week-end avec France-Ecosse, dit pas de Dupont. La voie est donc libre pour les autres demis de mêlée. « On se tire un peu la bourre, reprend Germain. C’est hyper enrichissant pour les jeunes comme Théo et moi. Alexi a l’expérience et un discours très rassurant. Quand on fait une erreur, on a tendance à baisser la tête. Il vient tout le temps nous mettre la main sur l’épaule et nous dire que ce n’est rien, que des erreurs, on en fera plein. Antoine est moins dans la transmission, mais il est encore très jeune [24 ans]. »

Mola appelle à la patience

L’international U20 l’est encore plus, ce qui ne l’empêchait pas de s’impatienter à l’UBB, où son horizon se limitait au peu emballant Challenge européen. Le 3 avril, c’est la beaucoup plus excitante Champions Cup qui reviendra côté stadiste : un délicat huitième de finale chez les Irlandais du Munster. Avec Germain sur le banc, pour épauler l’indispensable Dupont qui fera son retour en club ?

Peut-être, même si Mola fixe un horizon un peu plus lointain. « Baptiste est à l’écoute, il est intelligent mais il a encore beaucoup d’étapes à franchir pour être dans un peu moins d’une paire de saisons quelqu’un qui va beaucoup compter au Stade Toulousain. »