JO 2022 de Pékin : Sport ou droits de l’Homme ? « C’est difficile », reconnaît Mikaela Shiffrin

JEUX OLYMPIQUES Alors que près de 180 associations appellent à boycotter les prochains Jeux d'hiver prévus en Chine, la star américaine du ski regrette d'être mise dans une position difficile 

N.C. avec AFP

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Mikaela Shiffrin lors des Mondiaux de Cortina d'Ampezzo, le 20 février 2021.
Mikaela Shiffrin lors des Mondiaux de Cortina d'Ampezzo, le 20 février 2021. — Giovanni Auletta/AP/SIPA

La star américaine du ski Mikaela Shiffrin a regretté ce mardi le dilemme imposé aux sportifs, participer aux Jeux olympiques d'hiver ou écouter leur conscience, alors que les appels au boycott de Pékin 2022 se multiplient au nom des atteintes aux droits de l’Homme commises par la Chine. « C’est difficile, pour être honnête », a remarqué la skieuse aux six titres mondiaux et 68 victoires en Coupe du monde. Les athlètes doivent trouver « un équilibre délicat », a-t-elle poursuivi.

Un choix « entre la moralité et votre travail »

« Les Jeux olympiques sont importants. C’est quelque chose que vous visez et vous ne voulez pas les manquer. Vous ne voulez certainement pas être mis dans la position de devoir choisir entre les droits de l’Homme, la moralité, et être en mesure de faire votre travail », a-t-elle estimé.

Interrogée par CNN sur le caractère « gênant » d’une participation aux JO dans des pays accusés, comme la Chine, d’atteintes aux droits de l’Homme, Shiffrin a répondu que ce qui était « vraiment dommage, c’est qu’il n’y (ait) pas seulement des accusations, mais des preuves légitimes (de ces atteintes) dans beaucoup de ces pays où nous avons participé aux derniers Jeux olympiques ». Les Jeux d’hiver de 2018 ont eu lieu à Pyeongchang, en Corée du Sud. Quatre ans plus tôt, ils se tenaient à Sotchi en Russie, autre pays au bilan terne en termes de droits humains. Shiffrin a remporté une médaille d’or à chaque édition.

Un boycott ? « Irresponsable » et « politique », selon Pékin

La préparation des JO de février prochain a été assombrie par le sort des Ouïgours de Chine. Selon des études d’instituts américain ou australien, au moins un million de membres de cette minorité musulmane ont été internés dans des « camps » de la vaste région du Xinjiang (Nord-Ouest) et certains soumis à du « travail forcé » ou des « stérilisations forcées ». La Chine dément catégoriquement les deux dernières accusations et affirme que les « camps » sont des « centres de formation professionnelle » destinés à éloigner la population de l’extrémisme religieux, après une série d’attentats attribués à des Ouïghours.

Près de 180 associations étrangères ont appelé ce mercredi les gouvernements du monde entier à boycotter les JO 2022 au nom des droits de l’Homme, une initiative jugée par Pékin « irresponsable » et « politique ». « On pourrait faire preuve de plus de considération » pour ces sujets lors de l’attribution des JO, « un événement censé rassembler le monde et créer l’espoir et la paix », a jugé Mikaela Shiffrin, pour qui « certains endroits semblent plus appropriés que d’autres ».