Pékin 2022 : Des associations appellent au boycott des Jeux d’hiver en Chine

JO D'HIVER Les signataires s’insurgent notamment contre le traitement réservé aux Ouïghours par le pouvoir en place

A.L.G. avec AFP

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Le président chinois Xi Jinping et celui du CIO Thomas Bach, plus vrais que nature.
Le président chinois Xi Jinping et celui du CIO Thomas Bach, plus vrais que nature. — FABRICE COFFRINI / AFP

Plus de 180 associations politiques ou de défense des droits humains ont publié mercredi une lettre ouverte qui appelle les gouvernements du monde entier à boycotter les prochains Jeux olympiques d’hiver de Pékin-2022. L’événement doit débuter le 4 février 2022, six mois après les JO d'été de Tokyo, même si des incertitudes demeurent sur son organisation en raison de la pandémie de Covid-19.

Pékin fait face à de vives critiques occidentales concernant sa récente reprise en main du territoire semi-autonome de Hong Kong (sud de la Chine) ou encore son traitement des musulmans ouïghours et des Tibétains. Les auteurs de la lettre ouverte appellent les gouvernements du monde entier « à s’engager à un boycott diplomatique des Jeux olympiques d’hiver de Pékin de 2022 afin de s’assurer qu’ils ne soient pas utilisés pour encourager les effroyables violations des droits de l’Homme et la répression de la dissidence commises par le gouvernement chinois ».

Le CIO répond (vite fait) aux inquiétudes

Depuis l’attribution des JO d’hiver à Pékin en 2015, « le président Xi Jinping a déclenché une répression incessante contre les libertés fondamentales et les droits de l’Homme », estiment les auteurs de la lettre. « Il est extrêmement irresponsable de vouloir perturber ou faire obstacle aux préparatifs et à la tenue normale des Jeux olympiques pour des motifs politiques », a réagi Wang Wenbin, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

« Cette initiative n’obtiendra pas le soutien de la communauté internationale et est vouée à l’échec », a-t-il affirmé lors d’une conférence de presse régulière. Dans un communiqué transmis à l’AFP, le Comité international olympique (CIO) avait indiqué que les préoccupations soulevées par ces ONG « ont été et sont abordées avec le gouvernement (chinois) et les autorités locales ».

Les Ouïghours au centre des préoccupations

Pékin est particulièrement sous le feu des critiques occidentales à propos des Ouïghours, une minorité musulmane habitant principalement dans la région du Xinjiang (nord-ouest de la Chine). Selon des études d’instituts américain ou australien, au moins un million d’entre eux a été interné dans des « camps » et certains soumis à du « travail forcé » ou des « stérilisations forcées ».

La Chine dément catégoriquement les deux dernières accusations et affirme que les « camps » sont des « centres de formation professionnelle » (sic !) destinés à les éloigner de l’extrémisme religieux, après de nombreux attentats sanglants commis contre des civils.