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Jérôme Alonzo: «Les jeunes footballeurs n'en ont pas assez bavé pour mériter un tel salaire»
FOOT•Le gardien du FC Nantes se lâche...Propos recueillis par par David Phelippeau
Est-ce une bonne chose que le PSG se soit pris une claque mercredi soir contre Bordeaux (3-0)?
A mon sens, ça peut ne pas avoir d’influence sur le match parce que cette équipe de Paris est suffisamment forte mentalement pour oublier ça d’ici samedi. Après, je souhaite que Paris finisse dans les trois premiers cette saison, qu’ils fassent une bonne série mais que celle-ci commence dans quinze jours…
Vous avez passé sept saisons là-bas. C’est un match particulier pour vous…
Je suis heureux de jouer contre eux mais quand on joue contre son ancien club, on a surtout envie de les exploser. Toutefois, comme c’est à la Beaujoire, ça sera moins chargé émotionnellement. Mon attachement est toujours aussi fort, mais je le prépare comme un match normal. J’ai fait ma route depuis Paris… Le deuil a été difficile, le fait de jouer pour un autre club m’a aidé à cicatriser. Maintenant, je suis passé à autre chose.
Paris se porte bien sportivement mais s’est tout de même payé une crise en interne…
Mais, est-ce qu’on aimerait Paris si ce n’était pas comme ça? Ca fait bien longtemps que le club n’avait pas été sur une pente sportive aussi agréable. Mais il y a eu cette volonté consciente ou pas de vouloir se tirer une balle dans le pied. Je ne ferai pas de jugement sur l’affaire car je connais très peu Sébastien Bazin et encore moins Charles Villeneuve. Ca m’a fait quand même de la peine, car ça se passait très bien visiblement. Peut-être que quand c’est trop facile, ils préfèrent se mettre des handicaps… Jérôme Rothen est à l’image du PSG. Il y a des hauts et des bas. On le déteste ou on l’aime. Mais si ça avait été lisse pendant sept ans, je n’y serai pas aussi attaché…
Pourriez-vous y retourner faire votre reconversion ?
Aujourd’hui, il n’y a rien qui pourrait m’en empêcher. Mais ma reconversion pourrait aussi se faire à Nantes…
Etre actionnaire du PSG…
Qu’avez-vous pensé du geste de Kezman?
Paul Le Guen a résumé mon sentiment en un mot: Inacceptable!
Quelle est la différence entre le FCN et Paris?
J’ai amené des potes cet été à l’entraînement. Les journalistes, vous étiez quatre ou cinq. Au Camp des Loges, il y a une meute de trente journalistes, qui sont la tous les jours. C’est différent mais moi ça me va… De plus, je n’ai jamais joué par exemple au Mans devant 10.000 personnes. Nantes n’attire pas encore les foules ou plus… Le FCN a une cote d’amour à regagner auprès du public.
Pourquoi êtes-vous allé saluer les deux kops au match aller au Parc des Princes?
Les deux kops avaient chanté mon nom pendant quarante minutes. Perdu ou gagné, la moindre des choses, c’était d’aller leur dire merci.
Comment expliquez-vous le regain de forme de votre équipe?
On a gagné en maturité et en régularité. Le travail proposé par Elie Baup a été intégré par tous. Tout le monde joue le jeu. Même les gars qui ont été écartés, on leur doit un coup de chapeau. Ils n’ont rien fait pour fracasser l’ambiance du groupe. Ces victoires sont les leur. J’ai connu beaucoup de joueurs dans leurs cas qui auraient tenté de faire exploser le groupe.
Imaginez-vous le FCN retrouver son statut de grande équipe française?
J’ai déjà hâte qu’on ait 42 points. Après, si on se projette plus loin, il faut suivre l’exemple de Lille. Ce club n’a pas de moyens colossaux et pas de stars. Mais tous les ans, ils sont entre la 3e et la 6e place. Nantes a tout pour devenir une des belles équipes de ces trois ou quatre prochaines années, mais ça passe d’abord par beaucoup de souffrance durant ces deux ou trois prochains mois.
Que regard jetez-vous sur le milieu du foot actuel?
Je n’aime pas parler pognon. Mais, nous, on a signé pro à 9.500 francs par mois. Aujourd’hui, c’est pareil mais c’est en euros ! Les gamins, s’ils n’ont pas 10.000 euros ou pas une Porsche, ça les intéresse moins le football… Nous, on allait jouer en DH pour gagner 150 francs à la fin du match. On pouvait alors s’acheter une chemise… On était les rois du monde. Aujourd’hui, tu racontes ça, on te prend pour un vieux con. C’est sûr, maintenant, j’ai moins d’affinités quand je croise les gars… Avant, c’était jeux de cartes, maintenant, c’est DVD, playstation…L’évolution n’est pas top. Ca se barre en sucette! A mon sens, les jeunes footballeurs n’en ont pas assez bavé pour mériter un tel salaire. Nous, on a galéré avant de bien gagner notre vie.


















