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Roger Hassenforder, maillot jaune en 1953, est décédé à 90 ans

Alsace : Roger Hassenforder, maillot jaune en 1953 sur le Tour de France, est décédé à 90 ans

CYCLISME« Roger le fou » était aussi connu pour son tempérament de feu que ses exploits
T.G. avec AFP

T.G. avec AFP

L'essentiel

  • L’Alsace a perdu l’un de ses plus illustres coureurs cyclistes avec le décès de Roger Hassenforder, ce dimanche. Il était âgé de 90 ans.
  • Il avait remporté huit étapes du Tour de France et porté le maillot jaune en 1953.
  • « J’ai un Bobet dans chaque jambe », avait-il déclaré, lui qui était aussi connu pour son tempérament.

L’Alsace a perdu l’un de ses plus illustres coureurs cyclistes. Roger Hassenforder, porteur du maillot jaune du Tour de France en 1953, est décédé ce dimanche à l’âge de 90 ans au Centre départemental de repos et de soins de Colmar (Haut-Rhin).

Né le 23 juillet 1930 à Sansheim, le Haut-Rhinois avait couru pendant treize saisons de 1953 à 1965. Non sans se forger un joli petit palmarès ! Il avait gagné huit étapes du Tour de France, en six participations, et s’était aussi fait connaître par son caractère de feu et ses déclarations incendiaires.

« J’ai un Bobet dans chaque jambe », avait-il notamment lancé sous forme de boutade, par référence au triple vainqueur du Tour. Son sens de la répartie avait contribué à sa grande popularité et son tempérament d’attaquant porté à d’étonnants exploits suivis parfois de défaillances spectaculaires.

Coureur imprévisible

Généreux à l’extrême, inattendu au possible dans son comportement, il gagna le Critérium national à trois reprises (1954, 1956, 1958), le Tour du Sud-Est (1953), les Boucles de la Seine (1959), ainsi que le Championnat de France de poursuite (1954). Sur le Tour de France, ce coureur imprévisible, à la fois rouleur et sprinteur, porta le maillot jaune pendant quatre jours dès sa première participation (1953). Mais il ne termina l’épreuve qu’une seule fois, en 1956, quand il fut sélectionné in-extremis en équipe de… l’Ouest.

La légende rapporte que cette année-là, il s’était mis en tête d’aller saluer les coureurs au départ. Il était benoîtement en smoking, après avoir fait la fête dans une boîte de nuit. « Si tu étais plus sérieux, je t’aurais pris car j’ai un gars forfait », lui avait alors lancé Léon Le Calvez, le responsable de l’équipe de l’Ouest. La perspective de retrouver Louis Caput, le grand pote de Hassenforder, l’emporta. « Banco, répondit-il, je pars en te promettant d’arriver ».

La Une de « Paris-Match » contre un bain de mer

L’Alsacien enleva quatre étapes, la dernière à Montluçon après une longue échappée solitaire de 187 kilomètres. L’année suivante, dans l’étape Cannes-Marseille, il réussit le tour de force d’entraîner une partie du peloton dans la Méditerranée. En raison de la chaleur mais plus sûrement à cause d’un coup de pub dans Paris-Match.

« Ce jour-là, racontait-il, j’avais neuf minutes d’avance et le rédacteur en chef (Raymond Cartier) me proposa la Une contre un bain de mer. Quand je suis sorti de l’eau, tout sentait le sel y compris les bananes. D’autres coureurs m’ont suivi. Le soir, j’ai failli être exclu. »