Stade Rennais-OM : Justifié le rouge de Gueye ? André Villas-Boas dégomme Clément Turpin
FOOTBALL•L’arbitre a exclu le jeune milieu de terrain marseillais, auteur de plusieurs fautes en première mi-tempsCamille Allain
L'essentiel
- Dominés en début de match, les Rennais ont fini par renverser l’OM pour s’imposer 2-1 mercredi au Roazhon Park.
- Le tournant du match est arrivé à la 30e minute quand le milieu de terrain Pape Gueye a été expulsé pour un second carton jaune.
- L’entraîneur André Villas-Boas était furieux et jugeait la décision sévère. Son homologue Julien Stéphan estimait au contraire la sanction méritée.
Au Roazhon Park,
C’est LE tournant du match, l’action qui va faire causer au comptoir des bistrots de Marseille. Enfin, quand ils rouvriront, s’ils rouvrent un jour. En disputant un ballon dans les airs, le jeune milieu de terrain de l’OM Pape Gueye assène un coup de coude au visage de Mbaye Niang. L’attaquant rennais en rajoute et l’arbitre Clément Turpin sort un carton jaune. Problème ? Le numéro 22 marseillais en a déjà un et est donc expulsé. Incrédule, il mettra de longues minutes à sortir du terrain, laissant ses partenaires à dix pendant une heure. Une action lourde de conséquences pour celui qui avait ouvert le score quelques minutes plus tôt. En supériorité numérique, Rennes a battu Marseille 2-1, ce qui a rendu fou son entraîneur.
En conférence de presse, André Villas-Boas n’a pas parlé deux secondes avant de critiquer l’arbitrage de Clément Turpin. « Le moment d’expulsion change tout le match. Pour moi, c’était pas rouge. Il n’y a aucune intention, il est dans son dos. Si on ne peut pas sauter pour jouer au foot, on fait comment ? C’était notre meilleur joueur », a critiqué le technicien portugais, aigri par cette défaite face au Stade Rennais. Fallait-il sanctionner le jeune milieu de terrain d’un second jaune pour ce coup, qui semble bien involontaire, mais vient heurter un joueur en plein visage ? « Même s’il n’est pas volontaire, le carton rouge me paraît justifié. Il aurait même pu arriver avant », estimait Julien Stéphan à l’issue de la rencontre. Le coach breton faisait référence à une semelle du même Pape Gueye quelques minutes plus tôt sur le visage d’Hamari Traoré. Deux salles, deux ambiances.
« A 11 contre 10, c’était impossible »
Dans les rangs marseillais, on est évidemment furieux de cette décision, qui a fait basculer un match que l’OM dominait clairement. Sur les réseaux sociaux, beaucoup s’en prenaient à Clément Turpin, que les supporters accusent de sanctionner Marseille à chaque fois qu’il les arbitre. « Pour le meilleur arbitre de France, il n’est pas au niveau », taclait l’entraîneur portugais. Dans les faits, l’exclusion ne paraît pourtant pas délirante, tant le grand milieu n’a pas maîtrisé ses gestes à deux reprises. « Vous avez déjà pris un coup de coude ? Bien sûr que ça fait mal », a répondu Mbaye Niang au sujet de cette action tant commentée.
On pourra en revanche reprocher à l’OM de s’être recroquevillé en défense pendant soixante minutes. A l’image de l’entrée de Valère Germain à la mi-temps, qui n’aura servi qu’à dégager des longs ballons devant, comme pour s’en débarrasser. Aucun des joueurs n’aura réussi à faire remonter le bloc, se contentant de défendre bas face à des Rennais en manque de génie. « On était tellement supérieurs qu’on s’attendait pas à ça. On a changé, on a bien tenu. Mais à 11 contre 10 avec le jeu de côté qu’ils ont, c’était impossible », résumait Villas-Boas, fataliste.
Les Marseillais ont aussi fait les frais d’un coaching offensif de Julien Stéphan, qui n’a pas hésité à aligner trois attaquants (Niang, Rutter et Hunou) en fin de match pour forcer le verrou. Marseille a perdu et n’est plus invincible. « On est déçus car on voulait être à côté du top. On rate une chance face à un adversaire direct. C’est un coup dur ». Réaction attendue face à Reims. Sans Pape Gueye, suspendu, ni Jordan Amavi, qui s’est de nouveau blessé en première période.



















