Mort de Gérard Houllier : « Un grand manager et un homme qui se souciait vraiment des autres », le bel hommage de Michael Owen

FOOTBALL Le décès de l’ancien sélectionneur des Bleus a particulièrement ému en Angleterre, où il avait marqué les esprits à Liverpool

J.L. avec AFP

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Gérard Houiller, en décembre 2019 au stade Pierre Mauroy.
Gérard Houiller, en décembre 2019 au stade Pierre Mauroy. — CHRISTOPHE SAIDI/SIPA

« Avec la disparition de Gérard Houllier, la France perd un grand entraîneur et le football, un technicien reconnu partout dans le monde. Il était passionné par la transmission ». Dans son premier hommage à l’ancien sélectionneur des Bleus, la ministre des Sports Roxana Maracineanu a touché juste.

Si Houllier a connu une brillante carrière en France, où il a gagné le titre de champion de France aussi bien avec le PSG qu’avec l’OL, son image s’est un peu brouillée après l’épisode de France-Bulgarie 1993 et son fameux «crime contre l'équipe» lancé à la figure de David Ginola, une blessure que son passage en tant que DTN lors des pires années du foot français, à la fin des années 2000, n’est jamais parvenu à estomper totalement.

Une légende en Angleterre

Si le bonhomme a pu cliver en son pays, y compris dans ses fonctions de conseiller à l’OL lors des dernières années de sa vie, il a laissé un souvenir immaculé en Angleterre, où les hommages des anciens joueurs de Liverpool ont afflué rapidement. L’ancien défenseur des Reds Jamie Carragher, s’est dit sur Twitter « absolument dévasté ». « J’étais en contact avec lui lors du dernier mois pour le faire venir à Liverpool [sans doute pour fêter les 20 ans du quadruplé de 2001]. J’ai aimé cet homme à la folie, il m’a changé en tant que personne et en tant que joueur, et a permis à Liverpool de regagner des trophées. RIP boss ».

Michael Owen, consacré Ballon d'Or après cette folle saison, n’était pas moins ému : « J’ai le cœur brisé de lire que mon ancien entraîneur Gérard Houllier est décédé. C’était un grand manager et un homme qui prenait vraiment soin des autres. » Phil Thomson, arrivé avec Houllier pour occuper le poste d’adjoint dans le staff des Reds en 1998, se souvient « de l’un des moments les plus forts de sa vie. Etre en compagnie de Gerard était un privilège absolu. Il était si loyal, si passionné, et c’était un compétiteur féroce ».

« Il a gagné dans tous les clubs où il est passé »

Joint par l’Equipe, le président de la FFF Noël Le Graët, un homme de la même génération, n’a pas dissimulé son émotion : « Je suis très triste. On a été toujours été très proches. On a démarré à peu près en même temps. Il était entraîneur de Noeux-les-Mines (de 1976 à 1982) quand je débutais à Guingamp. Quand je vois son parcours, tout ce qu’il a réussi, tout ce qu’il a fait, je me dis qu'il a été extrêmement créatif​. En équipe de France, à Clairefontaine, il a fait énormément de choses. Dans tous les clubs où il est passé, il les a structurés et il a gagné. Partout où il a exercé, il y a de la réussite. C’est une grande tristesse pour le football. Je l’ai beaucoup côtoyé. On est voisins à Paris. Il nous arrivait de déjeuner ou de dîner. Il a toujours été d’une grande courtoisie, d’une grande gentillesse. »